Didier Favre
28/06/2026
Je ne connais pas son auteur mais il parle ou plutôt écrit d’or.
Il me rappelle ce que je comprends comme la transcendance. Elle est présente dans les esprits ou la mort n’est qu’un arrêt de la respiration d’un corps chaud.
Il me rappelle que cette conscience de la transcendance se fait en s’appuyant sur des souvenirs, pas des plaisirs mais des souvenirs d’expériences transformant les gens qui l’ont touché.
Il me rappelle que la transcendance et les souvenirs ne prennent de valeur que si la personne qui les porte affirme son existence et approfondit la conscience de son individualité.
Il est terrible quand il écrit noir sur blanc sa conscience de son imperfection. Cela le laisse ouvert à une croissance dont je ne peux même pas rêver.
Il est terrible quand il note de façon convaincante que l’Occident, dont je suis un représentant, a sombré dans le néant, dans l’ère de la post-vérité.
Il est terrible quand il annonce sereinement sa conscience que cette guerre est loin d’être terminée.
Il est terrible quand il expose sa connaissance de la pensée occidentale, celle qui est morte dans le nihilisme.
Il est terrible quand il donne un sens au sacrifice personnel. Les mots « quand quelqu’un ne sait plus pourquoi il meurt ne va plus savoir pourquoi il vit » sont terrifiants.
Il est aussi un espoir quand il me rappelle que la transcendance a un rôle à jouer dans la vie. Lui donner un sens est une de ses facettes.
Je lui donne raison sans le connaître. Il me fait considérer que l’Occident est du côté du chaos dans cet affrontement qui évoque l’Armageddon pour moi.
jc
26/06/2026
Kazuhiro Hayashida : " Sur la ligne réduite du libéralisme, droite et gauche sont opposées comme ennemis ; mais dans une perspective circulaire, ces deux ailes se dressent directement face au libéralisme. "
Dans une représentation nationale hémicyclique, le centre est au fond "Sud" de l'hémicycle et ses extrêmes - gauche et droite - sont divisés en deux parties à peu près égales ( l'art de gouverner au centre ). C'est une situation stable dans laquelle les extrêmes ont tendance à être aspirées par gravité vers le centre de la cuvette hémicyclique.
Il en va tout autrement dans une configuration cyclique dans laquelle les peuples de gauche et de droite ont alors vocation à s'unir pour former un seul peuple qui se retrouve alors face à une élite qui n'est pas démophile, voire qui est franchement démophobe, le cas actuellement, pour reprendre une formulation chère à Michel Maffesoli (1).
Depuis quelque temps PhG nous fait régulièrement remarquer les progrès dans le rapprochement US de la gauche démocrate et de la droite républicaine. Comment faire prendre conscience de ça au peuple français ?
La guerre entre l'UE et la Russie qui s'annonce est le thème du prochain défilé du 14 Juillet. Il faut que le peuple français montre symboliquement mais très fermement à ses élites que le 14 Juillet est jour de fête pour le peuple français, et non jour de guerre. La solution est très simple.
Face à l'élite concentrée sur l'avenue des Champs Élysées, la France d'en bas boude en se réfugiant sur son Aventin en un pique-nique où l'on partage le pain, le vin, le saucisson et le fromage, où on rit et on danse.
Aventin symbolique sur un cercle centré sur l'obélisque de la Concorde passant par le Tarte-Gaudran rebaptisé pour l'occasion en Sirap (Paris en verlan) (2) devant la mairie de laquelle sera érigé un menhir géant gonflable.
Symbolique très claire et immédiatement compréhensible par tous (enfants compris) : la France d'en bas encerclant pacifiquement la France d'en haut le jour de la fête nationale.
(1) https://www.facebook.com/CNEWSofficiel/videos/michel-maffesoli-la-parenth%C3%A8se-de-la-r%C3%A9publique-indivisible-est-en-train-de-se-r/4228807040669567/
(2) Uderzo y a eu résidence secondaire et a doté la commune d'un blason : "De gueules à un sabot d'argent voguant sur une mer fascée ondée d'azur et d'argent de six pièces; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or; à un mat habillé d'argent mouvant du sabot et brochant sur le chef. Devise : Nec mergitur item (« Il ne coule pas non plus »)."
Koui
25/06/2026
La grande diversité des civilisations humaines a été considérablement amoindrie au cours des deux derniers siècles. Des milliers de langues ont disparues et avec elles des expressions forgées par les siècles, des cultures musicales variées, des innombrables religions, des milliers de mythologies, des systèmes matrimoniaux et patrimoniaux étonnants. C'est un épisode de destruction culturelle tout aussi radical que la réduction de la biodiversité a une poignée d'espèces domestiques. La capacité de l'homme a survivre à un désastre est réduite à peu de chose parce que les cultures humaines s'homogeneisent. Ce qui était le talon d'Achille des uns n'était pas un danger pour ceux qui vivaient d'une autre manière. Nous avons besoin de diversité et pour cela il faut des barrières, des frontières pour préserver cette variété des cultures humaines. L'universalisme est un danger car il nie le droit à la différence, à l'altérité de l'autre. Les soviétiques ont échoué à libérer les femmes afghanes et les Américains n'ont pas fait mieux. Au lieu d'accepter cette leçon qui a quand même tué quelques millions d'afghan.e.s, nous ne revons que de les libérer a nouveau. Nous avons déstabilisé cette société avec de la nourriture et des marchandises à gogo si bien que la population a doublée et maintenant nous leur coupons les vivres. Que vont ils faire sinon nous agresser pour manger? Je rejoins donc le japonais qui souhaite la coexistance des civilisations plutôt que la grande fusion/homogeneisation/entropisation. Mais dans cette fourmilière de 8 milliards d'humains, voilà que chacun se cherche une identité synthétique individualisé. L'un veut la messe en latin sans l'amour du prochain ni le pape. L'autre est celtique vegane abonné à Netflix. Le suivant ne mange qu'hallal et se saoule avec des bières volées. C'est cela l'entropie de l'anthropocene supérieur occidental. Quelque chose de cohérent y mettra fin et le plus tôt sera le mieux.
jc
25/06/2026
L'unipolarité nihiliste US est morte.
L'avènement de la multipolarité met l'accent sur les divisions entre les peuples de notre terre commune, divisions qu'il faudra bien, tôt ou tard, réunifier (et pour moi le plus tôt sera le mieux).
PhG termine son article par un "prions et espérons “un petit coup de la main de Dieu“.
René Thom : un Moïse des temps modernes missionné par Dieu ?
J'ai très souvent cité en commentaire cette citation de la toute fin de SSM :
"En écrivant ces pages j'ai acquis une conviction; au cœur même du patrimoine génétique de notre espèce, au fond insaisissable du logos héraclitéen de notre âme, des structures simulatrices de toutes les forces extérieures agissent, ou en attente, sont prêtes à se déployer quand ce deviendra nécessaire."
Dans un article intitulé "La transcendance démembrée", (1991), Thom nous propose une theologia naturalis ( c'est-à-dire un néo-catholicisme si on utilise "catholique" en son sens.étymologique ).
Dans cette théologie Dieu reste transcendant mais missionne son messager sur Terre -Thom bien sûr- pour que ce dernier nous explique comment communiquer avec Lui.
Il y est bien entendu question de foi, mais croire en la théorie des catastrophes est plus aisé que de croire en le Dieu des Chrétiens ( d'ailleurs bien "multipolarisés", cf. la quatrième croisade entre chrétiens d'Occident et Chrétiens d'Orient, entre autres ) :
" Selon beaucoup de philosophies Dieu est géomètre, il serait peut-être plus logique de dire que le géomètre est Dieu."
Ce texte de Thom se trouve en postface de la thèse du philosophe Bruno Pinchard qui en a publié une première étude dans un article intitulé " La "Transcendance Démembrée" : une voie métaphysique " (1) , en pointant les insuffisances de la position de Thom, insuffisances que je résume - en mon nom propre, hors du contrôle de BP - en paraphrasant la citation ci-dessus :
"Selon beaucoup de philosophies Dieu est géomètre et/ou arithméticien, il serait peut-être plus logique de dire que le géomètre-arithméticien est Dieu.".
[ Je rappelle que Thom soutient l'idée de l'universalité du langage mathématique dans "Logos Phénix", avant dernier article de MMM (ed.1980). ]
(1) https://umr8230.cnrs.fr/wp-content/uploads/2020/04/Tdemembree.pdf
jc
25/06/2026
Comment se forme l'ordre à partir du chaos ?
Pour Thom cet ordre se forme aux points de chaos maximum, plus précisément aux points d'entropie locale maximale. Et l'ordre local qui se forme est celui de l'une de ses 7 catastrophes élémentaires.
À écouter expliquer par l'auteur lors d'une émission de Radio-France ( https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/macadam-philo/archives-rene-thom-ou-l-apprenti-philosophe-8619886 (de 23'40 à 25'15) ).
Selon moi il s'agit d'une approche radicalement opposée à celle de ceux, encore très nombreux, tels Maître Jacques, qui prônent l'ordre par le bruit (1, 2), faisant confiance à la régulation occulte la fameuse main invisible du marché...
Remarque : Boltzmann a retrouvé la loi des gaz parfaits ( loi de Boyle-Mariotte 1662 ) par ses méthodes de thermodynamique statistique. Mais les gaz parfaits n'existent pas et Van der Walls a proposé une loi plus réaliste (1873). Cette loi s'est trouvée confortée un siècle plus tard par la théorie de Thom, théorie "hors substrat" que François Roddier s'est empressé d'ppliquer au substrat économique (3).
(1) https://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1976_num_25_1_1382
(2) https://www.attali.com/geopolitique/2025-lordre-et-le-bruit/ ( pour moi le fait qu'Attali mette dans le même sac Shannon, Mandelbrot et Thom est un signal fort qu'il ne fait pas suffisamment la différence entre leurs trois théories -quatre avec celle de Prigogine que Thom a, paraît-il, qualifié d'escroc lors d'une entrevue au journal "Le Monde" !- )
(3) https://francois-roddier.fr/Mines-2018.pdf
__Dont Acte2
23/06/2026
J’en étais resté à un hubris occidental actuel venant des Pères Pèlerins protestants, sionisme en tête décalqué en leur faveur à propos du futur territoire américain : nous sommes le peuple élu et tout indigène trouvé sur place ne peut être qu’un usurpateur malgré ses ancêtres présents ici depuis la nuit des temps. La mauvaise foi habituelle des conquérants avec leur justification bricolée sur-mesure.
À part, sous réserve, le cas du bouddhisme, n’est-ce pas le penchant de toute grande religion, lorsqu’elle devient instrument d’un pouvoir structuré, de conquérir toujours plus de territoires, Médine, Constantinople, chevaliers teutoniques contre les païens prussiens, Nouveau Monde ?
Denis Monod-Broca
17/06/2026
Si près et pourtant si loin.
La théorie de la victime émissaire, élaborée par René Girard, aide à comprendre les événements et les comportements.
S'y référer est judicieux. À condition de l'avoir comprise.
Ce n'est pas le cas de l'auteur ici.
Le bouc émissaire n'est pas Netanyahu. Les USA, accusés de toutes parts, le sont. Pour échapper à leur sort, ils cherchent, c'est vrai, à détourner les coups vers Israël (vers Netanyahu). Pas sûr que cela soit suffisant.
Quant à Kevin Barrett, son bouc émissaire à lui, ce sont les juifs, forcément coupables, et qui méritent donc le sort qui les attend.
On ne peut pas mieux trahir la pensée de René Girard.
Les juifs, parfait bouc émissaire (comme depuis 2000 ans ?!...) pour Kevin Barrett qui ne veut pas voir qu'ils sont pour lui un parfait bouc émissaire et justement pour cela.
jc
16/06/2026
La géopolitique a failli mourir avec la globalisation ultralibérale voulue par les cerveaux anglo-saxons (Fukuyama).
Pour la sauver de la mort il faut changer de chef (c'est du lourd…) :
https://www.info-3000.com/RIGOLECITY/entreprisechefcorpshumain.htm
Ormuz, Bosphore, Gibraltar, Jutland, Malacca, Behring, etc.
La Russie a initié le processus avec Kerch…
Ni Ando
13/06/2026
Le monde sait depuis au moins les années 1945-1947. Au terme de la "nakba" de 1948 qui vit l'extermination d'une partie du peuple palestinien pour faire fuir tous les autres on vit un million de personnes chassées de leurs terres ancestrales (population alors en partie parquée dans ce qui sera la bande de Gaza, véritable camp d'internement à ciel ouvert), 500 villages rasés, la plupart des villes démolies par des colons, sionistes pour le coup (débarqués d'abord en petit nombre en 1882 sur les terres palestiniennes et bien accueillis par leurs habitants). Le monde savait. Le monde savait aussi que les Palestiniens ne sont pas des bédoins du désert, éternels nomades, mais un groupe humain culturellement spécifique, bien identifié, des cultivateurs très attachés à leurs terres, conscients de leur histoire très ancienne (on parle de villages palestiniens qui avaient plusieurs milliers d'années d'existence) et qui vivaient en grand nombre depuis au moins l'an 1500 (du temps de l'Empire ottoman) dans ce qui est devenu le territoire occupé aujourd'hui par l'Etat israélien. Les colons juifs européens, en quête de patrie, ont fait leur nid dans un monde qui existait déjà depuis très longtemps et avec le soutien tacite des Occidentaux ont méthodiquement organisé et conduit l'asservissement et l'expulsion de ceux qui les avaient reçus. Le nettoyage ethnique des Palestiniens dans leur propre pays n'a pas cessé depuis 1948 à aujourd'hui. D'hommes libres ils sont devenus "terroristes" dont on peut faire pratiquement tout ce que l'on veut sans craindre aucune forme de sanction. Une bonne synthèse (moins de 200 pages) de cette histoire tragique : "Brève histoire du conflit israélo-palestinien" (2026) par Ilan Pappé (un historien israélien qui enseigne en Grande-Bretagne). Le monde non occidental sait parfaitement de quoi il retourne. Le monde occidental également. Mais à la différence du premier le second fait semblant de n'être pas au courant.
jc
08/06/2026
Pour espérer comprendre le .0, la partie "johannique" ne suffit pas, il faut y justifier la proportion aristotélicienne. Thom le fait plus haut dans l'article :
"Par l'acte de la Création, Dieu a fait le Monde, Deus mundum fecit, un prototype de la phrase transitive [Sujet Verbe Objet]. Mais, pour introduire l'Homme, il faut passer au schéma trivalent : Dieu a fait don du Monde à l'Homme. Et par une "antikinèsis" elle-même voulue du Créateur, l'Homme a nommé les êtres de la Création, ce qui justifierait le schéma de proportionnalité Dieu / Monde = Homme / Logos, la nomination par Deixis étant l'homologue de la création divine.
Voilà qui ne devrait pas néanmoins déplaire à un logocrate (1), mon "néanmoins" renvoyant à la rétrogradation thomienne du Logos par rapport à Dieu, rétrogradation qui, pour Thom, fait écran à l'intuition (2).
Je vois maintenant l'article de Thom comme un article de théologie, voire peut-être, plus précisément, comme une ébauche d'un néo-catholicisme dans lequel sont mêlés le langage mathématique (le langage des dieux (3)) et le langage naturel. Je signale à ce propos que Apologie du logos (Hachette, 1990) traite précisément du rapport entre ces deux langages (4).
Bruno Pinchard a écrit plus tard (années 2010?) un article consacré à "La transcendance démembrée" (qui date de 1992/93). Il ne semble pas voir les choses comme moi, malgré l'encourageant "y compris dans ses cadres théologiques" de la page 3. J'aime bien la vidéo (6) tournée pendant l'épidémie Covid19, dans laquelle on découvre le métaphysicien humaniste Bruno Pinchard, "spécialiste" d'Aristote et de Thomas d'Aquin, opposé au géomètre René Thom. On y découvre que "L'exploration des marches où se heurtent vouloir et étendue n'est pas chose aisée" (cf. (4)) ! On y remarque en effet que Thom insiste au point de s'énerver pour tenter de faire accepter à Pinchard la scientificité de son modèle (6).
Je viens de revisionner (6) en pensant à une épidémie de foi en le néo-catholicisme que Thom propose peut-être, dans lequel la prégnance divine est.dégradée - réifiée- en prégnance vitale…
(1) Steiner : « Le point de vue “logocratique” est beaucoup plus rare et presque par définition, ésotérique. Il radicalise le postulat de la source divine, du mystère de l’incipit, dans le langage de l’homme. Il part de l’affirmation selon laquelle le logos précède l’homme, que “l’usage” qu’il fait de ses pouvoirs numineux est toujours, dans une certaine mesure, une usurpation. Dans cette optique, l’homme n’est pas le maître de la parole, mais son serviteur. Il n’est pas propriétaire de la “maison du langage” (die Behausung der Sprache), mais un hôte mal à l’aise, voire un intrus… ». Thom parle des remontées étymologiques d'Heidegger. Comment peut-on faire des remontées étymologiques si les mots sont de simples conventions ? Pour moi la querelle des universaux se résume à une querelle de majuscules et de minuscules, la même que celle de PhG fait entre matière et Matière (à l'inversion m/M près puisque, pour lui, la Matière est le Mal). À ce propos je pense que Thom ne se considère pas comme philosophe, mais comme "philosophe" (relire la fin johannique). et je pense aussi qu'il ne se considère plus comme mathématicien à partir de 1962, mais comme "mathématicien", ce qui fait qu'il est, encore actuellement, rejeté par de très nombreux philosophes et par de très nombreux mathématiciens…
(2) Modèles Mathématiques de la Morphogenèse" (MMM), 2ème ed., p. 167.
(3) C'est le sujet de "Logos phénix", avant dernier chapitre de MMM.
(4) "Ces deux pentes du logos manifestent sans doute une distinction irréductible entre deux modes d'appréhender l'existence. Le mode métaphysique, celui d'Aristote - l'être en acte (on agit comme on est" dit saint Thomas), et le mode géométrique, la forme visible dans l'étendue. (...) L'exploration des marches où se heurtent vouloir et étendue n'est pas chose aisée (...)" (fin de l'Envoi)
(5) https://umr8230.cnrs.fr/wp-content/uploads/2020/04/Tdemembree.pdf
(6) https://www.youtube.com/watch?v=dDnm_sIfK2o ( 26'40 )
jc
07/06/2026
Si le suprémacisme global explose - c'est à mon avis ce qui se passe actuellement - alors il y aura un nécessaire retour vers le localisme ( ce qui s'amorce timidement (1) ). ( Ce que je sens arriver me fait penser à la disparition des dinosaures…)
Dans un article de Douguine dont PhG a déjà parlé et reparlera certainement, j'ai noté l'iconoclaste : " Les technologies de manipulation de la conscience sociale sont en usage depuis longtemps : elles sont à la base des religions, des idéologies et de civilisations entières. ". Est également iconoclaste "La transcendance démembrée", titre d'un article de René Thom dont la fin, reproduite ci-après, ne manquera pas - j'en suis convaincu d'intéresser Philippe Grasset, voire de l'interroger.
Réflexion finale sur le Logos johannique.
Dieu, par la Création, a donné le Monde à l'Homme. Par ailleurs, dans l'Incarnation, Dieu a offert son Fils pour le salut de l'humanité. D'où l'idée que selon la proportion Dieu//Monde = Homme/Logos, ce dernier terme puisse être identifié au Christ. Saint Jean l'a écrit : ΚΑῚ Ὁ ΛΌΓΟΣ ΣᾺΡΞ ἘΓΈΝΕΤΟ.
De nos jours, il nous est difficile de croire que le Verbe puisse devenir chair. On conçoit beaucoup plus facilement (après Darwin et l'Évolution) que le Verbe soit l'émanation de la chair, de la Vie. Cependant il y a quelques remarques à faire sur ce thème. J'ai toujours été frappé de la connotation quasi thermodynamique de la malédiction proférée par l'Éternel après la Faute : "Tu enfanteras dans la douleur, tu gagneras ton pain à la sueur de ton front". À l'époque (lointaine) où j'enseignais en Faculté la Mécanique Rationnelle, j'avais coutume de dire qu'il n'y a pas une, mais deux Mécaniques. Une Mécanique d'avant la Faute, sans frottement, où le temps est parfaitement réversible (et où, comme en Dynamique hamiltonienne, le changement est pure apparence, et où il ne se passe rien). Et une Mécanique d'après la Faute, où le temps est d'une essentielle irréversibilité, où la chaleur provenant de la dégradation de l'énergie accompagne tout changement, et où règne l'Histoire. Cette opposition n'est pas sans rappeler notre couple Transcendance-Prégnance (2). En effet une prégnance non transcendante se dégrade, elle dégénère en nature. "Tu enfanteras dans la douleur" est le prix à payer pour qu'une transcendance inférieure comme la vie puisse puisse jouir de la même propriété de conservation de la transcendance divine, et cette dégénérescence est la marque même de l'irréversibilité locale du temps. Dans cette optique, le Fils (dit aussi le Fils de l'Homme) ne peut guère apparaître que comme une forme "dégradée" du Père, ce qui va à l'encontre des dogmes habituellement reçus (par exemple la parfaite symétrie triangulaire de la Trinité. D'ailleurs le Saint Esprit n'en est-il pas l'élément prégnantiel ?). Mais mon propos n'est ici que pour manifester mon étonnement d'apercevoir à ces mythes fondateurs de notre civilisation une certaine profondeur "philosophique".
Finalement toute cette description pourrait être vue comme une transcription "métaphysique" du Big Bang de nos astrophysiciens (il n'est d'ailleurs pas sûr que ce dernier soit fondamentalement plus proche du Vrai). Il y aurait par exemple à explorer l'idée que la Création se répète, à échelle réduite, en des créations partielles et localement modifiées par le contexte, ainsi l'explosion d'une supernova est un Big Bang local, image réduite de l'original. Et si l'on poussait la métaphore du côté de l'infiniment petit, on ne serait pas loin de la vision des univers que Pascal entrevoyait dans un ciron…"
(1) https://www.youtube.com/watch?v=q8h2kTb-hQA (à la fin)
(2) Thom a fait toute une théorie des saillances et des prégnances. Dieu et le Christ sont - selon moi…- vus ici par le fidèle comme des saillances, Dieu comme saillance et prégnance transcendante, l'esprit Saint comme prégnance, et le Christ comme saillance dégradée susceptible de réémettre la prégnance originelle. Thom présente brièvement ces concepts au début de l'article en prévision de leur utilisation ultérieure. Il renvoie au chapitre I intitulé "Saillance et prégnance" de "Esquisse d'une Sémiophysique" pour plus de détails, où le lecteur découvrira à quel point il est ici iconoclaste, l'exemple typique qu'il donne d'une forme à la fois saillante et prégnante étant un appétissant morceau de viande propre à faire saliver le fidèle chien de Pavlov !
jc
06/06/2026
1. L'hommage de Thom à Goethe.
Voici ce que le premier écrit sur le second au tout début d'un article consacré à Darwin (Apologie du logos, pp.600 et 604) :
" Les motifs qu'on peut avoir de s'opposer au darwinisme sont nombreux, et très inégalement valables. il y a ceux - pas encore disparus - du fidéisme créationniste. Il y a ceux des lamarckiens, classiques ou néo. Je partage ceux des tenants de ceux que l'on pourrait appeler le "structuralisme biologique", cette tradition qui, de Goethe et Geoffroy Saint-Hilaire à d'Arcy Thompson, voit dans le problème du plan général de l'organisme, de la morphogenèse en général, le problème central de la biologie." ;
" L'idée d'invariants structurels en biologie ne devrait pas, comme c'est le cas actuellement, être réservée à la seule génétique. C'est à l'idée de structurelle idéelle, l'Urbild goethienne, que la biologie devra revenir, si un jour elle veut attaquer de front le problème de la morphogenèse."
2. Thom lamarckien.
Thom, comme Darwin, accepte l'idée de transmission des caractères acquis. Il accepte aussi le dogme lamarckien "la fonction crée l'organe" (1), ce que Darwin et les néo-darwiniens refusent.
3. Le dogme suprémaciste en biologie.
C'est le dogme central du néo-darwinisme énoncé en 1892 par le prussien August Weismann (3).
4. Vers la fin du suprémacisme ?
Cette façon lamarckienne et thomienne de voir les choses fera hurler les suprémacistes de tout poil, Mais leurs rois actuels - je pense en particulier à Trump et à Netanyahou - ne sont-ils pas presque nus ?
5. Épilogue.
Alors que les progrès technologiques nous rapprochent tous les jours un peu plus de la technocratie (dictature totalitaire du règne de la quantité), l'acceptation des analogies soma/peuple et germen/élite impliquent de préserver une nécessaire forme de démocratie…
(1) https://www.psynem.org/Art_psychanalyse/Preuves/Rene_Thom_Jean-Luc_Godard (39'40)
(2) Esquisse d'une Sémiophysique p.127.
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Barri%C3%A8re_de_Weismann
Jack V.
06/06/2026
Il y a une autre explication à l'apparente passivité des Russes sur le terrain de la propagande : ils ne veulent pas que les populations occidentales réclament le fin de la guerre tout de suite ou, au contraire l'implication massive de leurs armées dans le conflit. La fin de la guerre suite à un armistice russo-ukrainien empêcherait Poutine d'achever la reconquête des parties russophones de l'Ukraine et une implication militaire plus directe des Occidentaux rendrait la situation plus dangereuse pour la Russie.
Au passage, voilà un exemple de propagande du Kremlin : https://www.youtube.com/@borzzikman
jc
03/06/2026
Douguine : " Nous avons un système monarchique où il y a un centre de décision unique — il pense, il assume tout. Mais l’interface qui doit capter et développer ses impulsions fonctionne de façon défectueuse. On ne sait pas quelles sources d’intelligence il consulte. C’est un défi très sérieux : la question de l’élite souveraine, de la pensée souveraine et de la philosophie souveraine. "
PhG : " Douguine s’attarde beaucoup à la question de la souveraineté, la question d’une “intelligence artificielle souveraine”, avec les affrontements actuels et courants. Je ne suis pas sûr de bien saisir ce qu’il entend par une IA “souveraine”, "
Animateur : " l’IA est aujourd’hui mise sous pression par des restrictions à la fois de la censure étatique et des protestations des communautés professionnelles. "
Douguine : " la Chine, sur le plan technologique, conserve sa souveraineté. Elle possède ses propres modèles — Qwen, et d’autres. La Chine a construit une IA indépendante, compacte, très efficace. De plus, la Chine s’est réellement préoccupée de faire que cette « learning » (apprentissage) se déroule dans un contexte souverain. Elle bloque la propagande libérale et occidentale, ne la laissant pas entrer dans ses bases de données. "
Pour moi ce que sous-entend Douguine, c'est que la Chine possède une IA souveraine, alors que ce n'est pas le cas de la Russie, le mot-clé ayant été lâché par l'animateur : censure.
Dans ces conditions quid d'une pensée souveraine et d'une philosophie souveraine ? J'espère que Douguine reviendra sur cette question.
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OLIVIER RICHE
02/06/2026
La vraie souveraineté n'est pas politique ni technologique, elle est intérieure. L'IA ne peut rien contre l'homme tant que l'homme sait qu'il n'est pas son corps ni son esprit, mais la Conscience éternelle qui observe ces deux illusions.
« On pétrit l’argile pour faire un vase ; c’est le vide intérieur qui rend le vase utile.
On taille le bois pour faire un meuble ; c’est le vide intérieur qui rend le meuble utile.
On perce portes et fenêtres pour construire une maison ; c’est le vide intérieur qui permet d’y habiter.
Ainsi, ce qui est matériel sert à acquérir l’avantage, mais c’est dans l’immatériel (le vide) que réside l’utilité. »
Tao Te King (chapitre 11)
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