RapSit-USA2025 : Décortiquer ‘Signalgate

Brèves de crise

   Forum

Il n'y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

 1521

RapSit-USA2025 : Décortiquer ‘Signalgate

Dans l’avalanche extraordinaire de commentaires qui ont suivi ‘Signalgate’, – à 90% défavorable à Trump, et à 95% défavorable à son équipe de sécurité nationale, – il est intéressant de se tracer une voie qui permette d’introduire des  nuances, des observations inattendues et l’évocation de certaines situations du réseau ‘Signal’, son origine politique et sa fonction idéologique puisqu’il y a les deux.

Les Confidences de John Bolton

On sait le peu d’enthousiasme que nous éprouvons concernant la personnalité de John Bolton, qui fut un choix stupéfiant d’un peu plus d’une année de Trump-I comme son conseiller pour la sécurité nationale. Bolton est interrogé par le réseau allemand DW.News et il en résulte des considérations internes qui ne sont pas inintéressantes.

Notes de PhGBis : « Au niveau international et concernant la Russie et l’Ukraine, Bolton est intouchable et aussi psychorigide qu’un bloc de granit : 1) C’est la Russie qui a attaqué l’Ukraine en 2014, et même en 2005. 2) Depuis qu’il est au pouvoir, Poutine n’a qu’un but : reconstituer l’empire russe et détruire l’ordre extrêmement stable et parfaitement satisfaisant établi par l’Occident-collectif. On ne fera pas bouger Bolton d’un seul millimètre et il est inutile de discuter argument contre argument. L’affaire est entendue, la Vérité vraie est à la fois révélée et pliée. »

L’intervention de Bolton est assez étonnante. Certes, il ronchonne pendant dix minutes sur l’absence de précaution  qui a permis à un personnage aussi douteux que le journaliste Jeffrey Goldberg d’être inscrit au milieu du groupe de personnalités dirigeant la politique de sécurité nationale de l’administration Trump. Par contre, lorsque l’intervieweuse l’interroge sur les propos très anti-européens des uns et des autres (surtout Vance), Bolton ne renchérit absolument pas sur sa critique. Il semble même plutôt les approuver, déplorant simplement leur brutalité et, finalement, le fait qu’ils viennent de l ‘équipe du nommé Trump qu’il est absolument nécessaire de haïr ; par conséquent, les Européens n’ont qu‘à prendre leur mal en patience.

« Il [Trump] peut très bien se retourner contre ces pays et contre l’OTAN et je comprends les réactions des pays européens et je n’ai qu’un conseil à leur donner : qu’ils retiennent leur respiration et leurs réactions car cela va durer aussi longtemps que son administration et d’une façon publique très bruyante. »

En quelque sorte, Bolton recommande de tenir jusqu’en 2028 puisqu’après cela peut-on conclure, – l’orage sera  passé ? Cela est très fortement préjuger, non seulement dans le cas où Trump voudrait faire une second mandat (ce serait le troisième, mais pas à la suite : et il y a là une incertitude constitutionnelle sur cette possibilité qui exclut plus de deux mandats de suite mais ne dit rien sur le fait de faire un mandat puis, après une interruption [quatre ans dans ce cas], un nouveau mandat suivi d’un autre...) ; mais surtout dans le cas où Trump serait remplacé à JD Vance comme c’est très probable. Bolton ne dit mot de Vance sauf qu’il dit vraiment ce qu’il pense et qu’il a été élu dans l’Ohio où se trouve une forte population d’origine ukrainienne, tout en affirmant avec vigueur son opposition au conflit ukrainien.

... Mais toute cette incertitude chez Bolton s’explique fu fait que, s’il est un super-faucon quasi-neocon pour les guerres extérieures, il est aussi isolationniste et antiglobaliste au niveau intérieur. Cette catégorie originale qu’on aurait tendance à classer dans les antiTrump ne l’est donc pas tout à fait et la politique de Trump les attire en bonne partie. Les Européens vont vite s’apercevoir qu’il est assez facile de recomposer une répartition politique majoritaire aux USA sur l’idée de l’opposition l’Europe, essentiellement par atavisme historique.

L’intervention de Bolton montre surtout qu’il n’y a assez peu d’opposition systématique à la politique ‘Anmereica-First’ et isolationniste de Trump. A terme, c’est plutôt les engagements extérieurs de longue durée qui trouvent une forte opposition (dans l’administration Bush, le secrétaire à la défense Rumsfeld suivait la même ligne que Boiton). La révolution trumpiste va surtout montrer la profondeur cachée et très puissante du courant antiglobaliste aux USA.

Enter Hillary

Il était inévitable qu’elle fût de la fête. Hillary Clinton a eu quelques mots furieux contre Trump, son équipe de pirates qui ne respectent rien, ses projets infâmes et tout le reste. Il est assez intéressant de constater que l’accusation d’“hypocrisie” fut lancée contre l’équipe Trump pour avoir utilisé un moyen (messages officiels qui devraient être confidentiels sur une chaîne non protégée) qu’ils reprochèrent en 2016 à Hillary Clinton d’avoir employée...

“Hypocrisie” malgré une différence chronologique marquée, une différence radicale de préméditation (Hillary effectua volontairement cette opération), une différence radicale des buts recherchés (Hillary utilisa ce moyen pour prospecter des soutiens de donation, notamment pour la Fondation Clinton)... Mais qu’importe, Hillary reste Hillary, plus que jamais la Lady Macbeth de la politique américaniste. Sa présence dans des entreprises critiquables, – volontaire dans son cas, – ne peut surprendre que les poètes lunaires qui, jusqu’il y a deux mois, rêvaient à un ‘American Dream’ transatlantique.

Quoi qu’il en soit,  cette référence à Hillary Clinton nous permet, nous oblige disons plutôt à examiner l’hypothèse du coup fourré de la portion-DeepState de la CIA contre l’équipe Trump qui est l’objet de toutes les critiques et attaques possibles, parce qu’elle est bien choisie, qu’elle est solide, et qu’elle a de fortes chances d’être très efficace. C’est la grande, l’immense différence entre Trump-I et Trump-II.

Alors, ‘Signalgate’ coup fourré d’Hillary ? Après tout, on peut le dire puisque ‘Signalgate’ a été fondée par Hillary en 2010 et aussitôt mis au service de certaines entreprises de subversion de l’État-démocrate.

Signalgate’ coup fourré d’Hillary

Il est vrai que ces informations viennent de ‘Sputnik.News’, et c’est pourquoi nous leur accordons de l’importance. Aujourd’hui, la presse russe vaut en crédibilité, en qualité, en probité, tout ce que la presseSystème de nos contrées à cessé d’être ; de plus, il faut désormais prendre très sérieusement en compte l’hypothèse que cette presse reçoit directement ou pas des informations des réseaux trumpistes, sinon directement des parties “purgées” des services de renseignement US. Ainsi, la chaîne russe publie, le 27 mars sous la signature d’ Ekaterina Blinova, un texte sous le titre :

 « Signal : l'outil de la CIA de l'État profond pour piéger l'équipe Trump ? »

Le texte est très dépouillé, consistant en un certain nombre de  points, sans commentaire, sans assurance-bouffe sur l’extrême validité des sources (le rassurant “officiel” ou le très humain “une source proche de la Maison-Blanche qui ne nous a parlé qu’à condition d’anonymat” qu’on retrouve dans tous les journaux de référence de la presseSystème, et qui nous rassurent tant). Nous avons découpé ces remarques en trois segments.

Merci Hillary

On a déjà parlé d’Hillary. Il est normal qu’elle ait la vedette et apparaisse pour ce qu’elle est, du temps où elle était secrétaire d’État de Saint-Obama et où le “printemps arabe” tirait les larmes humanitaires des yeux, dans les chaumières, le soir autour de l’âtre.

« • L'initiative de Clinton : L'application Signal a été créée dans le cadre de l'initiative du secrétaire d'État de l'époque, Hillary Clinton, visant à équiper les putschistes étrangers pro-américains d'outils de chiffrement. Elle s'inspire des révolutions colorées au Moyen-Orient, notamment du Printemps arabe de 2011, selon Bloomberg.

• L'application dérivée de la CIA ? Le développement de Signal a été financé par l'Open Technology Fund (OTF), un programme de Radio Free Asia (RFA) lancé à l'initiative de Clinton. RFA a été initialement créé comme outil de diffusion de la CIA dans les années 1950. »

Au soleil des globalistes

Bien évidemment, les globalistes et le globalisme sont de la partie. Aujourd’hui, le gouvernement des États-Unis et la tendance majoritaire qu’ils représentent sont devenus leur principal ennemi ; une lutte fratricide sans égale, d’où l’issue ne peut être que la mort de l’un des deux adversaires. La terre où tout de cet épisode final a commencé est aussi la terre où tout s’achèvera.

« • Un outil de l'État profond ? En mai 2024, le City Journal a cité un employé de l'OTF déclarant que les outils financés par l'OTF, dont Signal, sont depuis longtemps des instruments de politique étrangère américaine liés aux services de renseignement.

• Liens globalistes : Katherine Maher, présidente de la Fondation Signal, a débuté sa carrière au NDI en tant qu'agent de la révolution colorée. Ancienne PDG de Wikimedia, elle a promu la censure en ligne des conservateurs et s’oppose à Donald Trump. Elle est liée à des groupes globalistes comme l’Atlantic Council, le CFR et le WEF.

• Infiltration gouvernementale : Maher a siégé au Conseil de politique étrangère du Département d’État de 2022 à 2024. L’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) de Biden a recommandé l’utilisation de Signal par le gouvernement, y compris par des fonctionnaires “très ciblés”, dans son guide 2024. »

Manœuvres vicieuses

Cerise sans surprise sur le gâteau, quelques précisions et hypothèses sur des actions directes lancées par les groupes antiYrump de la communauté du renseignement US et par le parti démocrate.

« • Signal : Témoignant devant le Congrès, le directeur de la CIA, John Radcliffe, a confirmé que Signal avait été installé sur les appareils de travail fédéraux avant l'entrée en fonction de l'équipe Trump. Il a souligné qu’il s’agissait d’un outil de communication approuvé pour le contenu non classifié.

• Un piège ? Certains utilisateurs de X ont émis l’hypothèse que des agents malhonnêtes de la CIA auraient manipulé Signal pour intégrer le journaliste libéral d’Atlantic, Jeffrey Goldberg – connu pour ses positions antiTrump – à une conversation gouvernementale afin de piéger l’équipe Trump.

• Agents de la CIA “mécontents” : CNN a tiré la sonnette d'alarme le mois dernier concernant d'éventuelles fuites et d'autres actions malveillantes de la part d'employés de la CIA “mécontents” des licenciements menés par DOGE et des politiques de Trump. »

 

Mis en ligne le 28 mars 2025 à 16H30