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La langue

Article lié : Que faire?

Stephane

  30/06/2008

“des nuances fondamentales”

Quel beau langage…

La langue sera bien la derniere chose qui nous restera.

Un manque flagrant de prudence

Article lié : Le fil à la patte

Ando

  30/06/2008

L’attentat terroriste du 11 septembre est un sujet délicat pour lequel il sera probablement impossible d’établir des certitudes, certitudes fondées sur des preuves tangibles s’entend. C’est un domaine où régneront encore longtemps suppositions et supputations. On pourrait, par paresse intellectuelle ou du fait d’une confiance sans borne accordée à nos médias grands publics (confiance en leur esprit critique flamboyant solidement étayé par des investigations courageuses et patientes) tout à fait se contenter de l’affirmation du gouvernement étasunien : il s’agit du résultat d’un complot ourdi par des Saoudiens dans une grotte des montagnes afghanes (quelques cul-terreux de moine-soldats idéalistes refugiés dans des troglodytes). Pourtant, des doutes ne cessent d’affleurer. La partie technique de cette opération est trop complexe à aborder en quelques lignes et ce n’est pas l’objet de ce post. On peut cependant rappeler que :

- L’instigateur présumé cet attentat serait un ancien agent de la CIA, le dénommé Ben Laden, dont on a pu lire ici ou là, quelques semaines après le 11 septembre, qu’il était encore en contact avec la CIA quelques mois avant l’attentat.
- La plupart des membres sacrifiés dans les avions suicides étaient des Saoudiens, wahhabites certes, mais issus d’un pays et d’un régime solidement intriqué avec certains milieux étasuniens, y compris au plus haut niveau.
- La sophistication, la synchronisation presque parfaite des actions ayant permis le « succès » de l’attentat supposent un niveau de connaissance technique si pointu de l’environnement où il s’est produit qu’une complicité active interne aux Etats-Unis (donc non saoudienne) est ici très probablement obligatoire. 

Le général Leonid Ivashov, chef d’état-major des armées russes, le 11 septembre 2001, déclarait en janvier 2006 que l’attentat du 11 septembre avait, en réalité, été sous-traitée aux Séoudiens par certains milieux étasuniens. Il précisait que “Seuls les services secrets et leurs chefs actuels ou retraités – mais ayant conservé de l’influence à l’intérieur des structures étatiques – sont capables de planifier, organiser et gérer une opération de telle ampleur. D’une manière générale, ce sont les services secrets qui créent, financent et contrôlent les organisations extrémistes. Sans leur soutien, de telles structures ne peuvent pas exister – et encore moins effectuer des actions d’une telle ampleur à l’intérieur de pays particulièrement bien protégés. Planifier et réaliser une opération de cette échelle est extrêmement compliqué”. Et “Oussama ben Laden et « al Qaïda » ne peuvent être ni les organisateurs ni les exécutants des attentats du 11 septembre. Ils ne possèdent ni l’organisation requise pour cela, ni les ressources intellectuelles, ni les cadres nécessaires. Par conséquent, une équipe de professionnels a dû être formée et les kamikazes arabes jouent le rôle de figurants pour masquer l’opération”. Evidemment, il s’agit d’une déclaration et non d’une preuve, mais elle émane d’un personnage de poids.

Enfin, le « succès » de l’opération a permis de donner une substance dans l’esprit du public au « Terrorisme » qu’il a fallu (cruelle obligation) désormais combattre en Irak, en Afghanistan (la Syrie y a échappé de peu, l’Iran y a échappé pour le moment). Le 11 septembre a donné vie à deux purs concepts, deux objets purement intellectuels sans matérialisation terrestre palpable : « Al Qaïda » et le « Terrorisme ». Pour le premier il existe bien ici ou là quelques groupuscules marginaux animés par une version dure du Djihad mais rien, absolument rien, qui ressemble de prés ou de loin à ne serait-ce qu’à une vague organisation. Pour le second, on retrouve la distorsion orwellienne classique visant à manipuler le sens des mots puisque dans l’esprit des journalistes et commentateurs n’est désormais « terroriste » que ce qui s’oppose à la volonté du plus fort. Ainsi, pour ceux-là, le bombardement par l’OTAN des populations civiles de Yougoslavie en 2000 (de 2500 à 3000 morts civils) n’est en rien un acte terroriste, non plus que les actions criminelles de l’armée étasunienne en Irak (les estimations d’experts étasuniens sont de l’ordre de 500.000 morts civils dont une partie non négligeable abattue directement par les libérateurs étasuniens). Par contre, la résistance irakienne à l’occupation est bel et bien un acte de terrorisme.

Mais tout ceci n’est que spéculation et supputation. Il faut rester prudent.

 

Attention: l'affaire Bear Stearns est un

Article lié : Un moment de vérité

FB

  30/06/2008

Les dessous de l’affaire ne sont pas une “réaction de panique” de la part de la Fed. Pas seulement, disons..
Au départ-au dela du simple fait que les grandes banques occidentales sont toutes criblées d’encours pourris- il y a de la part des “Big Boyzs” une vengeance vis à vis de BearStrearns. Souvenez-vous; à l’époque de la crise de la LTCM, ou on avait vu Greenspan telephoner ds la nuit à tous les grands établissements financiers de la planète pour sauver la LTCM. Bearn Strearns avait refusé...
>Cette dernière, plutot moins mal en point que les autres, avait obtenue dans le cadre du plande soutien de la FED un prèt de cette dernière signé un jeudi, pour une durée de 28 jours.
Le vendredi matin, ce prèt se retrouvait réduit à ..4 jours!
La Bear Strearns n’avait d’autre choix que de trouver un “sauveur” avant le lundi suivant.
Ironiquement, ce fut l’éternelle JP Morgan , engagée à hauteur de 90 trillions de dollars en dérivées, et dépendante de la santé financière de sa victime, qui fut l’heureuse élue des largesses choquantes de la FED!
JPMorgan étant actionnaire de la FED-banque de droit privée- ceci explique sans doute cela!

Europe

Article lié :

Luigi

  30/06/2008

Messieurs,

Etes-Vous encore convaincus que l’Amérique est le Diable, l’intégration euro-atlantique désormais morte, l’Europe-puissance possible?

Il me semble parfois que Vous vivez en 1985-1991…. Gorbachev, la maison commune européenne, Lester Thurow et ses rigolades sur l’Europe qui monte en puissance….

Soyons sérieux: aujourd’hui, pour les Européens, la révitalisation de l’OTAN est le seul espoir de gagner de l’influence près de Washington, de renforcer leurs défense, de s’équipper pour faire face aux véritables défis d’aujourd’hui.

Cordialement,

Luigi (de Milan, Italie)

attaquer l'Iran∫

Article lié : Un désordre supersonique

bert

  30/06/2008

J’ose imaginer que tous ceux qui envisagent une attaque préventive contre l’Iran, et notamment ses sites “nucléaires”, tentent d’imaginer les conséquences d’une telle attaque. Celles paraissant les plus probables sont:
- les tentatives de déstabilisation du commerce d’hydrocarbures dans la région. Il est difficile d’imaginer réellement la marge de manoeuvre iranienne en la matière. Outre le fait que l’Iran serait le premier perdant, touts les autres acteurs régionaux n’ont absolument aucun intérêt à une telle déstabilisation. D’une part, il leur faut tenter de dissuader leur protecteur US et/ou israélien d’attaquer, d’autre part dissuader les iraniens de riposter de la sorte. les iraniens, dans tous les cas, n’ont absolument aucune aide à espérer d’un quelconque “pays” (protectorat) du golfe, voire même de la Russie.
- les tentatives de déstabilisation régionale: les néo-taleban afghans, et les pakistanais qui les financent, les arment, et les téléguident, n’ont absolument rien en commun avec les iraniens. Les irakiens, même chiites, n’ônt pas besoin d’aide en la matière, et ne veulent pas d’une forte influence iranienne. Les protectorats US/israéliens dans le golfe n’ont que de la crainte envers l’Iran, et les républiques d’Asie centrale idem…Les possibilités iraniennes paraissent réduites en la matière…
- le terrorisme international: c’est encore là que réside la réponse la plus évidente en cas d’attaque contre l’Iran. Mais ledit terrorisme serait-il contre-productif pour les pays occidentaux tels que USA, UK ou France? Outre l’affaiblissement de la “menace alqaeda”, se créer de nouvelles raisons d’instaurer états d’urgence, lois d’exception en interne, et impunité militaire en externe sont assez tentantes pour de nombreux dirigeants desdits pays. La menace terroriste a pour l’instant été pas mal géré par de nombreux gouvernements, entreprises militaires et autres…

Ceux qui envisagent l’attaque de l’Iran ainsi peuvent avoir de sérieux espoirs que leur politique soit applicable.

Europe : tous perdants

Article lié : L’UE sur pied de guerre grâce à la France? Perspectives désordonnées et contradictoires

Francs

  29/06/2008

Europe : tous perdants Eric Zemmour 27/06/2008

Ils crient victoire, mais on ne les entend pas. Dupont-Aignan, Coûteaux ou Villiers à droite, Chevènement, Mélenchon ou Besancenot à gauche triomphent dans le désert. ...

Le grand combat politique des vingt dernières années entre fédéralistes et souverainistes s’achève dans un champ de ruines. Tous perdants. ...

En 2007, Sarkozy, sonné par le référendum sur la Constitution de 2005, osa reprendre les thèmes des « nonistes » (...) tandis qu’il rassurait discrètement les élites européistes avec son minitraité simplifié. Il le fit illico. Copié-collé de la Constitution Giscard. ...

Ce coup de bonneteau se brisa sur le non irlandais. Ne restent que des européistes sans le peuple et des eurosceptiques sans le pouvoir. Les prochaines européennes de 2009 changeront-elles la donne ?

« L’Europe est un despotisme éclairé et doux », confiait un jour Jacques Delors.

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/06/28/01006-20080628ARTFIG00058-europe-tous-perdants.php
————
A présent il faut conjuguer Delors à l’imparfait, quant au futur ce sera comme le passé : le nationalisme des cimetières.

Mais pour la France c’est toujours une politique d’abandon intermittent illustrée en 1763 :

Juillet 1948 - Début des aides du Plan Marshall à la France (ECA)

1952 Paris - la France s’empresse d’accueillir l’OTAN (Palais de l’OTAN en 1959)

Mai 1952 - la CED proposée par la France (à 5 Nations dont l’ALLEMAGNE) est adopté.

1953 Fin du plan Marshall - la France a reçu $2,3 milliards (SECONDE bénéficiaire après l’Angleterre et bien avant l’ALLEMAGNE ! sur un total de $12,7 en europe)

Août 1954 - Rejet de “sa” CED par la France au nom de “sa” souveraineté Nationale : les Gaullo-communistes sont fusionnés contre le réarmement allemand.

Dès l’automne 1954 le réarmement allemand se fait donc en dehors de l’europe (Bravo la France!)

Mais la France a gelé ainsi tout progès européen jusqu’en 1957 (Traité de la CEE) et tout progrès militaire jusqu’à décembre 2002 avec la PESD (embryon qui n’a aucune des attributions de l’OTAN !).

Décembre 1966 - la France n’est plus membre de l’OTAN, mais reste membre de l’Alliance Atlantique !? (Le “Palais de l’OTAN” de Paris devient l’Université Paris-Dauphine)

Le CMI n’arrête pas de dire merci. La France a été son courtier le plus efficace pour occupper les marchés militaires européens (CMI = Complexe militaro Industriel des USA). Après les milliers d’avions achetés pendant 60 ans au CMI par les Nations d’europe, l’européen EADS finira bien par échouer à leur vendre quelques 150 ravitailleurs (construits en $ et aux USA !).

La France cause parfois trop : d’abord pour proposer ses idées (CED, “constitution”...), ensuite dire NON, et finalement revenir quand il est bien trop tard.

L’europe est le continent qui jouit du plus grand nombre de parapluies nucléaires (américain, français, anglais, russe : ils sont européens, non?) mais le flou sur la définition des intérêts stratégiques est nécessaire à la dissuasion. La France riposterait à une attaque contre un pays allié, cela a toujours été le cas. Mais les belges entreposent des “nukes” OTAN : la france et l’angleterre seraient moins européennes que les USA ?

Maintenant la France a tellement de déficits budgétaires (mais souverains) que sa défense s’auto dissout. Le 2e porte-avion n’est’il pas “communautarisable” ? Le premier restant SOUVERAIN. (A mon avis les USA vont en revendre bientôt… à moins que les russes achètent avant nous ?)

“Tous perdants” avec les “Grandes Idées” mais des projets concrets peuvent réussir.

Alors le nihilisme anglais a bon dos ! Mais reconnaissons qu’ils peuvent être aussi grandement néfastes qu’une Grande Nation européenne.

Tous perdants sauf dans la modestie.

DVD de Daniel Mermet

Article lié :

James Max

  29/06/2008

J’ai reçu après un an d’attente le DVD issu des entretiens de Daniel Mermet(Là bas si j’y suis) avec Noam Chomsky.
Je ne regrette pas d’avoir attendu.
http://www.lesmutins.org/
(publicité gratuite)

Sources rares

Article lié : Quand April rencontrait Saddam

DedefGM

  29/06/2008

Voici les seules sources encore disponible que j’ai pu trouver datant de 2005:

“Sunday, December 25, 2005 posted by George Thomas Kysor 11:13 PM
Is the US State Department still keeping April Glaspie under wraps? ”
    http://kysor.blogspot.com/2005_12_01_archive.html
  et http://kysor.blogspot.com/2005/12/can-you-imagine-more-forbidding.html 
  et http://bbs.clutchfans.net/showthread.php?t=106512 

Par ailleurs, voici une autre source et trés différenre sur le meme sujet: 
THE NEW YORK TIMES INTERNATIONAL SUNDAY, SEPTEMBER 23, 1990      
Excerpts From Iraqi Document on Meeting with U.S. Envoy
Special to The New York Times

http://www.chss.montclair.edu/english/furr/glaspie.html 

Ceci dit en 2 mois on peut aisémént fabriquer un compte-rendu diplomatique qui convient au rédacteur.

Vous devriez être plus prudent.

Article lié : Le fil à la patte

DedefGM

  29/06/2008

“Les machinations ne datent pas de 9/11, et elles furent souvent bien plus nettes et bien mieux tracées, sans soulever la moindre émotion.”

Vous avez coutume d’être plus prudent sur ce sujet. Un moment de distraction sans doute.
Ce post n’est pas forcémént à publier. A vous de voir.

Raison

Article lié : Le fil à la patte

Stephane

  29/06/2008

Pourquoi opposer “déraison” a “raison cachée, calculatrice et machiavélique”..?

Peut etre que parce que ainsi la realite de la premiere interdirait la possibilite de la seconde.

Je pense pour ma part que les manipulateurs existent, mais ils cherchent pas vraiment a se cachee, car personne ne souhaite les voir, ni les manipules, ni les observateurs.

le Système

Article lié : Le fil à la patte

Philippe Le Baleur

  28/06/2008

Merci pour ce nouvel article, qui apparaît comme du “De Defensa” du meilleur cru… C’est à dire une analyse incroyablement pénétrante de la situation mondiale au-delà des apparences, couplée à une attitude que l’on pourrait appeler “responsable” pour éviter d’aller à la conclusion logique du raisonnement.
Mais nous, simples quidams, ne sommes pas tenus par des limitations “responsables” quant aux conclusions; car enfin, qui se soucie de l’avis du commun des mortels?
Votre analyse -et vous le savez très bien- conduit aux véritables maîtres de ce que vous appelez “le Système”.
Le Système, donc, dispose d’une connaissance extrêmement fine de la psychologie humaine, et d’une durée de vie illimitée. Il a eu le temps, au fil des générations de mortels, d’affiner sa compréhension de la psychologie humaine, voire de la modeler.
Le Système a monté une mécanique impeccable, qui permet de dominer les événements du monde indépendamment de ces mêmes événements. Les hommes sont déçus dans leurs petits coeurs de midinettes, ils sont surpris, ils pataugent dans leur vie limitée. Mais le Système, lui, applique sempiternellement la même formule; génération après génération, mécaniquement; et celà marche.
    Celà marche parce que celà ne peut pas ne pas marcher; parce que la psychologie humaine ne varie pas depuis des dizaines de millénaires. L’âme des hommes évolue, s’affine, mais leurs instincts ne bougent pas. Ils répondent invariablement de la même façon à la logique du Système qui les manipule. Sur cette planète, sauf accident cosmique, les mêmes causes produisent les mêmes effets; toujours.
L’histoire actuelle des USA n’est guère qu’un nouvel avatar du règne du Système. Espérons très fort l’accident cosmique, qui tuera le Système une bonne fois pour toutes, et dispersera ses esclaves désemparés.
S’il nous reste quelque raison, nous devrions en user pour distinguer qu’effectivement la déraison contient une raison cachée, calculatrice et machiavélique, et non que la déraison existe au cœur de cette puissance par pur hasard ou stupidité.

Nouvelle carte des menus

Article lié : Journal de bord de dedefensa.org — 080621, de la “pâtée pour chat” à “la vérole”

Emmanuel

  27/06/2008

Au menu désormais : Pâtée pour chat ou jeûne.

Déterminisme historique

Article lié : Un GAO “maistrien”

Oscar

  27/06/2008

Jusqu’oú doit on remonter dans l’histoire pour justifier une décision ou expliquer un événement ?
N’est ce pas faire oeuvre d’un déterminisme historique préjudiciable aux décisions qu’impliquent les événements présents que de se rapporter á une psychologie américaniste historique ?
In fine ce retournement nous montre qu’il ne pourra y avoir de coopération transatlantique que si un ennemi commun est désigné avec suffisament de force. En l’occurence l’Asie dans une vision occidentale et impérialiste du monde.
Or avant d’être un empire les Etats-Unis ont aussi été une nation. Les grandes difficultés éprouvées poussent á un double discours:
- Favoriser la coopération transatlantique face á l’impuissance de l’empire.
- Retourner á un isolationisme et á une politique de repli national.
Soit une vision unipolaire contre une vision multipolaire du monde qui est bien la pierre d’achoppement principale de toutes les décisions des politiques extérieures actuelles.

.

Article lié : Un désordre supersonique

Quelqu'un

  27/06/2008

Le sionisme et ce qu’il a engendré... Une vraie plaie pour le moyen orient.

Expansion à l'Est

Article lié : Perspectives otaniennes à l’Est (section Ukraine)

ANDO

  27/06/2008

La question de l’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine et à la Géorgie se pose différemment selon le point de vue, européen ou étasunien, que l’on adopte. Mais les choses évoluent vite (à l’échelle de l’histoire européenne). Pour le régime de Washington l’intention stratégique semble transparente. L’intégration de l’Ukraine et de la Géorgie permet d’abord de faire rentrer dans le club deux sujets supplémentaires, sur lesquels le chef du club, la maison blanche, aura, en principe, un vrai pouvoir d’influence. Or cette influence est tributaire de la position centrale des Etats-Unis dans cette organisation. Celle-ci est de plus en plus contestée, même si cette contestation ne déborde pas dans les médias grands publics. Le sens de l’histoire est à une mutation (voire une dissolution) de cette organisation au profit d’une structure davantage centrée sur les intérêts européens et dans laquelle la Fédération de Russie devra donc figurer comme membre de plein droit. L’affaiblissement étasunien, qui devrait s’approfondir dans les deux années qui viennent, ne garantit donc pas que l’Ukraine ou la Géorgie deviendront des sujets dociles de la politique de Washington. Ensuite, dans la mentalité des stratèges étasuniens, il est impératif de conserver séparés Russie et Ukraine de même qu’il était impératif pour la génération d’après-guerre que les deux Allemagnes restent séparées. Certes, la comparaison est contestable sous l’angle de la menace puisque l’URSS n’a jamais représentée un réel danger pour l’Europe de l’Ouest mais elle illustre le principe de base “diviser pour affaiblir et donc pour régner”). L’intégration de l’Ukraine à l’OTAN peut sembler un moyen d’atteindre cet objectif mais c’est une illusion ne serai-ce que parce que l’économie ukrainienne n’est jamais qu’un morceau de l’économie russe. Enfin, l’admission de la Géorgie permettra la création d’une solide tête de pont militaire dans les Balkans, la Caspienne étant l’objectif.

En réalité, un découplage devrait intervenir entre les deux rives de l’Atlantique à la faveur de la crise financière en cours tandis que l’expansion économique russe va d’une part lui permettre de substituer, au moins en partie, son influence économique à son influence militaire (ce qui pourrait favoriser à terme le retour de l’Ukraine et de la Biélorussie dans leur giron naturel, à savoir le giron russe, n’en déplaise aux Polonais, aux Roumains et Autrichiens) et d’autre part mettre en œuvre un authentique rapprochement avec la partie ouest du continent. Dés lors que la douce propagande ambiante cessera de présenter de manière latente le monde russe (dont font partie l’Ukraine et la Biélorussie) comme un ennemi d’autant plus menaçant qu’on le connaît mal, ou pas du tout, il ne sera plus nécessaire de chercher à l’affaiblir. J’observe d’ailleurs que les mêmes qui dépeignaient il y a à peine quelques années la Russie comme un pays perdu, laissé au bord du chemin, condamné à un processus de décomposition sans fin, en font aujourd’hui un tableau tout également surréaliste : une grande puissance ressuscitée, ce qui est loin d’être le cas. On a d’ailleurs l’impression que les Européens du club « Union européenne » envient désormais cette illusoire puissance retrouvée qui n’est simplement que le reflet, dans leur esprit, des marges de manœuvre qu’ils ont perdu en intégrant le club. Ironiquement, la Russie pourrait ainsi s’imposer comme le leader naturel (et pacifique) du continent du simple fait que c’est désormais le seul Etat d’envergure libre de définir sa politique hors du carcan atlantiste.

Le sens profond des événements en cours est la reconfiguration lente mais inéluctable du continent européen, cette reconfiguration visant ni plus ni moins que la réunification du continent dans sa mouture d’avant 1914. Cette réunification s’impose d’elle-même, sans qu’il soit même besoin qu’elle fasse l’objet d’un projet politique, tant elle semble aller de soi, évidente et naturelle. Mouvement qui se fera évidemment au détriment des intérêts du régime de Washington, les Etasuniens étant ici, selon l’expression de Del Valle non pas des ennemis mais des adversaires.