Delforge Thierry
20/12/2005
S’il fallait définir la souveraineté, il faudrait distinguer une définition basée, d’une part, sur les critères territoriaux, de pouvoir étatique, de facteurs culturels et, d’autre part, la souveraineté populaire.C’est ce qui caractérise la France, c’est à dire une souveraineté issue d’une révolution populaire.
La souveraineté populaire c’est la satisfaction, pratique et/ou institutionnelle, voire virtuelle, des revendications populaires, chaque classe ayant les siennes, les revendications des classes les plus pauvres coïncidant avec la proclamation des droits fondamentaux. La Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1793, est la seule à proclamer des droits économiques et à contenir des articles destinés à prévenir l’exploitation et la spéculation spoliatrice.
Les opposants à la “construction” européenne ont bien compris que la souveraineté n’est réelle que quand les droits fondamentaux sont satisfaits.
Rolling
19/12/2005
Je me demande si les “propositions ambitieuses” de Chirac nauraient pas quelque chose à voir avec les “groupes pionniers” ??
federico bordonaro
18/12/2005
Cher Monsieur, Chère Madame,
je trouve Votre commentaire sur le Sommet de Bruxelles tout à fait intéressant. Votre avis selon lequel
“Ce nest pas une logique communautaire ni une logique de lintégration, ni une logique de la réforme (anglo-saxonne), ni une logique de la pérennisation de la PAC, etc. Cest une logique des intérêts européens, qui passe par le maintien en place des sources de sa puissance.”
me trouve parfaitement d’accord. Cette vision réaliste, basée sur les rapports politiques et les intérets de puissance, est à mon sens la seule qui offre—du point de vue méthodologique—des instruments adéquats pour interpréter la logique de la construction européenne.
Amicalement,
F.B.
MHB
17/12/2005
Comme toujours vous analysez d une maniere tres pertinente les circonvolutions politiques autour du phenomene Mc Cain.
Je crois que l element fondamental qui manque a votre analyse est le “pourquoi ?” du phenomene.
J en vois la raison dans la mise a forte epreuve de l Amerique depuis que les manipulations en tous genres sont devenues un systeme de gouvernement depuis l avenement de GWB II et la decouverte des turpitudes ou des mauvais calculs des neo-cons qui ont voulu manipuler non-seulement la population americain mais sur une plus grande echelle l Histoire tout simplement.
Ceci vopus l avez couvert en long et en large.
Mais depuis le tsunami - ou un debat d epicerie avait commence a poindre - si mes souvenirs sont exacts - entre leffort financier americain et celui du reste du monde - juge suffisant par GWB II en terme de dollars et insuffisant enterme de pourcentage - comme dans bien d autres cas - par un bon nombre de pays.
La participation conjoints de Clinton et de Bush pere dans un voyage mediatique sur les lieux du tsunami avait en fait donne le signe d une volonte de reprise en mains (discrete) de la gestion americaine des crises humanitaires.
La crise humanitaire de la Nouvelle Orleans qui n a pas fini de chercher des tetes de turcs ae nouveau vu l intervention de ces deux ex-presidents - on peut y ajouter Carted, timidement integre avec son projet d Habitat pour l Humanite.
Il est de plus en plus evident que cette participation conjointe de ces ex-presidents n est pas l effet du hasard mais a ete dicte par la gestion catastrophique d un GWB II obnubile par le desir d avoir un siege au Pantheon de l Histoire sans donner aucun consideration a la possibilite qu il pourrait se retrouver devant une Haute Cour tres rapidement.
Au grand dam des efforts de ces ex-presidents il fallait quanmd meme trouver une caution morale qui permettrait de concilier la beliciosite d un president incontrolable dans sa vision nietschienne (sic !!) du monde et l honneur d une Amerique qui voyait son credit moral, spirituel et humanitaire s effondrer dans une croisade qui avait ete applaudie a son depart - comme le sont toutes les croisades - mais qui pour reussir devait aneantir tout ce qui se trouvait sur son chemin - comme toutes les croisades.
El le senateur McCain - qui est bien connu pour accumuler les ambiguites comme vous le signalez d ailleurs - s est ervele etre le glaive indispensable et necessaire de la justice que les ex-presidents voulaient faire prevaloir pour rattraper le credit de l Amerique.
Et bien sur la consequence directe de ce fatras est l ineluctable conclusion que McCain est le seul candidat logique pour l election presidentielle de 2008 qui devra etre une election de reconcialiation des deux partis qui ne veulent surtout pas - au nom de la cohesion du pays - une campagne d invectives et de passions (comme par exemple cette idee bidon d une ventuelle candidature de Condollezza Rice avec Hillary) ni l intervention d une troisiemme force - ou voie comme on dit en Europe - ou encore d un Trosieme Genre.
Tout ceci etait vu depuis longtemps par les strategistes republicains et democrates - ceux des tres hautes spheres de ces deux partis - et cela explique les attitudes ambigues d une Hillary ou d un senateur Biden concernant l election de 2008.
On peut d ailleurs se demander si une certaine programmation iterative n est pas a la base des actions de McCain.
Il est effectivement interessant de noter que sur la forme et les agissements la consequence s apparentent au modele Nixon-Watergate. Il faut ici remarquer la [puissance de cet univers securitaire qui a progresse en fait d une maniere geometrique - discretement - depuis la chute de Nixon et sans vergogne depuis l election de GWB II. On remarquera par exemple qu une loi comme le Patriot Act - loi tres complexe s il en est une - a ete votee 41 jours apres le 911.
Si une legislation avait ete bien preparee - de longue date - c est bien celle-la. Il suffisait de changer le groupe ethnique - ou le mouvement - qui etait originellement vise et qui etait considere comme l ennemi interieur. En fait apres le 911 on y avait rajoute l ennemi exterieur.
La aussi ces ex-presidents que je qualifierai de “Sages” - dans le plus grand sens du terme - dans ce chaos en sont arrives a conclure que les “subalternes” comme aurait pu les identifier De Gaulle - sont alles trop loin et que le pays n etait pas mur pour une gestion a la Orwell.
Qu en conclure ?
A mon avis il est tres souhaitable que la presidence actuelle soit rapidement oubliee avant qu elle ne donne quelques idees biscornues a nos elites europeennes pour reformer la societe europeenne - etant bien entendu qu il est de la plus haute importance que cet episode de l imposition democratique a des pays hors du giron europeen ne soit un element supplementaire de justification de la colonisation.
Ou alors tourne t on en rond ?
fft
14/12/2005
Certes, certes. Mais c’est un fait acquis. Comme le souligne votre titre. L’intérêt du site se maintiendra si au lieu de seulement regarder ce “vieux monde” s’effondrer, vous nous indiquiez aussi, selon vous, la relève. Un exemple - non partisan : en Farnce, Arnaud Montebourg a choisi de se désolidariser du courant qu’il avait fondé au PS. Pas un petit choix. Et il semble être suivi, par des “basistes”. A droite, pour faire bonne mesure, un Dupont-Aignan, parmi les vainqueurs du 29 mai, trentenaire lui aussi, ne désarme pas : il est déjà candidat “pour 2007”.
Cela est intéressant, sinon vous serez emporté par le naufrage du système que vous fixez.
Bonne suite !!!
MHB
13/12/2005
Une fois de plus vous tapez juste et assez fort pour faire honte a nos elites qui se laissent manipuler comme des enfants en bas age ... ou est-ce que tout cela n est qu un jeu qui “nous permet de defendre les valeurs occidentales”.
Je pencherai plus pour cette seconde hypothese car il est bien connu que derriere chaque decision, accord - officiel ou non - il y a toujours un ou plusieurs avocats-conseils derriere chaque americain qu il soit officiel ou non. Ce dernier cas s explique par la dependanmce quasi-obligatoire de suivre les regles du jeu si l on veut continuer a beneficier des “recoltes” dans tous les domaines des reseaux officiels.
Il est impossible de lutter contre une telle operation de mise en cartes ou en fichiers.
Et la encore on ne peut que reconnaitre que c est pour le plus grand bien de la survie de l Occident et - suivant la fameuse option offerte par Bush II: “on ne peut etre que pour ou contre”. Il s agit d un libre-choix et les methodes ne font pas partie des definitions retenues. Ni les finalites d ailleurs.
On peut se demander ou on va.
Harold Pinter l a bien compris, mais il a ete marginalise depuis longtemps.
D ailleurs le message que nous donnent les elites europeennes n est-il pas que les populations europeennes ont ete marginalisees depuis longtemps et que le seul but est de les amener a ce (re)nouveau Paradis: la Rome du25eme siecle (il faut leur donner du temps pour convaincre les populations que la Nouvelle Rome est meilleurs que l Ancienne car au pain et aux jeux du cirque il est ajoute les distractions offertes par les technologies mediatiques (car pour ce qui est des jeux du cirque, nos elites tiennent a les garder).
Ah! qu il est bon de ne pas avoir 18 ans en 2005 !!
Loïc
12/12/2005
Pour renforcer le point de vue de P. Grasset, sur le discrédit US en Asie, voici une analyse parue sur http://www.questionchine.net.
La question à se poser est ? Y at-il encore une diplomatie US ? >>>>>>>>>>>>>>>>
Bush le Texan, les bureaucrates chinois et les intérêts américains
(6 décembre 2005) François Danjou
La bureaucratie chinoise, qui observe dun il froid les agitations du Président américain venu faire en Asie du Nord-Est et en Chine quelques provocations très anti-chinoises a de quoi être un peu interloquée. Non que les sujets évoqués par le fils Bush soient nouveaux. Ce sont au contraire toujours les mêmes : déficit commercial, droits de propriété, Tibet, Taiwan, libertés politiques et religieuses et depuis quelques années taux de change du Yuan. Ils sont depuis des années au cur des différends qui opposent la Chine et lOccident.
Tout le monde rêve en effet dune Chine qui serait complètement conforme aux discours de Pékin et rejoindrait les aspirations de Bush : pacifiste dans sa montée en puissance, conciliante dans les différends commerciaux, ouvrant son marché sans restriction aux exportations américaines, inventive dans ses efforts pour améliorer les droits de lhomme, appliquée pour mettre oeuvre cette démocratie aux caractéristiques chinoises que tout le monde attend, rassurante sur la question taiwanaise etc. Mais voilà, les dirigeants chinois qui disent avancer à leur rythme sur la route des réformes politiques et vers la solution des différends commerciaux, font des promesses mais nen font quà leur tête. Ils connaissent la rhétorique occidentale sur le bout des doigts et, forts de leur puissance nouvelle, savent parfaitement y répondre. Ils sy préparent toujours avec cette sorte de fatalisme un peu mécanique, caractéristique des grosses machines administratives, alternant si nécessaire le chaud et le froid, mais cédant rarement sur lessentiel.
Mais, bien plus que les sujets évoqués qui ne changent jamais, ce qui étonne les dirigeants chinois ce sont les modifications du ton et de la manière de Bush Junior à chacune de ses visites. Car au fond ils savent bien que rien ne justifient ces errements, puisquen dehors de la sphère socio-économique, les choses évoluent si peu et si lentement en Chine.
En 2001, lors de sa première visite le tout nouvel hôte républicain de la Maison Blanche, récemment élu de justesse, voulant se démarquer de Clinton, avait inventé la formule « strategic competitor », (concurrent stratégique). La visite avait été courtoise, sans plus, et latmosphère assez proche de celle de la guerre froide, Bush ayant rappelé que les Américains défendraient Taiwan contre une agression chinoise « quoi quil en coûte ».
En octobre 2002, un an après les attaques terroristes contre New-York, les problèmes de fond entre la Chine et les Etats-Unis navaient évidemment pas disparus. Ils avaient même pris un tour dramatique lorsquen avril 2001, un avion de reconnaissance américain EP-3 avait été heurté par un chasseur chinois et obligé de se poser en catastrophe à Hainan, où son équipage avait été retenu en otage pendant plus de 10 jours. Mais cette fois, la politique intérieure américaine était entièrement focalisée sur les tensions avec lIrak. Le Président Bush, dont la cote était très élevée dans les sondages, était serein. Résultat : le ton fut amical et presque chaleureux, Bush affirmant alors que les « Etats-Unis recherchaient sincèrement une relation de coopération constructive avec la Chine ». Lannée suivante on était encore sur cette ligne très positive puisque Colin Powell déclarait le 5 septembre 2003 que les relations sino-américaine étaient à leur meilleur niveau depuis 30 ans.
Mais deux ans plus tard latmosphère est à nouveau tendue. Il est vrai que la Maison Blanche est sur la sellette, malmenée par des scandales, tandis que la guerre en Irak est sous le feu des lourdes critiques de plusieurs sénateurs. Il en résulte que le « petit Bush » comme lappellent les Chinois, nest pas serein, cest le moins quon puisse dire. A Pékin cette tension nest pas passée inaperçue puisque le Président a, pendant tout son périple en Asie du nord-est, traîné comme un boulet les critiques contre la guerre en Irak qui ont même fait lobjet du principal discours quil a prononcé en Corée.
Quant à la Chine, devenue un exutoire, elle avait rarement fait lobjet dun tel matraquage avant une visite officielle. Le président américain a cru bon de recevoir dabord le Dalai Lama. Circonstance aggravante, les attaques ont commencé au Japon, où, pour faire bonne mesure, Bush a cité en exemple aux dirigeants communistes la démocratie taiwanaise. A Pékin, la bureaucratie au pouvoir restait de marbre, répondait de manière laconique aux comparaisons avec Taiwan et se prêtait de bonne grâce aux exigences médiatiques insolites du Président. Elle lui a organisé une sortie en VTT et un office religieux dans une église protestante contrôlée par le pouvoir, une première pour une visite dEtat dans ce pays encore largement athée.
La continuité prudente, lourde et appliquée de la politique chinoise est donc confrontée à une diplomatie américaine qui change de ton et dhumeur en fonction de la situation interne aux Etats-Unis. Parfois tentée par la confrontation, notamment quand la Maison Blanche est sous le feu de critiques ou pressée par ses lobbies, elle a tendance à sadoucir quand le pouvoir est serein. Cest en tous cas de cette façon que les dirigeants chinois voient leurs relations changeantes avec Washington. Dans cette ambiance, leur stratégie est de garder le cap. Cest bien ce quen substance Hu Jintao et les porte-paroles du régime ont dit à Bush dans des discours préparés à lavance, convenus et sans surprises, qui auraient pu servir à toutes les visites de présidents américains depuis au moins 10 ans : la Chine se développe à son propre rythme et elle ne tolère pas que dautres sen mêlent. Ce qui ne lempèche pas de faire des gestes damitié, comme lannonce de lachat de 70 Boeing 737 par la Chine, pour faire passer la pilule des 200 milliards de dollars de déficit commercial. Peut-être sagissait-il aussi de rappeler que, sur le plan économique, Pékin possède quelques redoutables outils de pression, tels que son marché intérieur et ses considérables réserves financières qui, avec celles du Japon, financent le déficit budgétaire américain et maintiennent le dollar à son niveau.
Quant à la dernière visite de Bush, au style insolite, on peut se demander si ces initiatives de stratégie directe assez simplistes, bravaches et narcissiques sont bien utiles à la cause des droits de lhomme, aux relations sino-américaines et même aux intérêts américains. La messe protestante na pas été diffusée par les médias dEtat, et fut assez peu commentée sur Internet ; les militants religieux ont fait lobjet de tracasseries avant la visite, notamment dans la province du Hebei où un évèque de léglise dissidente a été arrêté. Aucun des prisonniers dont Washington réclamait la libération depuis des années nest sorti de prison. Les déclarations sur les droits de lhomme ont eu peu décho dans un pays où le contre pouvoir politique est faible et trop éclaté, alors que lobsession des élites et des intellectuels reste la croissance et la réduction des inégalités sociales, la démocratie à loccidentale étant considérée avec une méfiance de plus en plus grande.
Alors que les militaires américains auraient souhaité renouer des contacts avec lAPL, il semble que les tensions de la dernière visite naient pas permis daller bien loin dans cette direction. Au plan international les critiques publiques adressées à la Chine depuis Tokyo et Séoul pourraient décourager les bonnes dispositions de Pékin sur la question nord-coréenne et confirmer la Chine dans sa position de soutien à Téhéran.
A Séoul le discours sur lIrak, prononcé à Osan par un Président sexprimant comme sil était chez lui, na pas été apprécié par la classe politique coréenne, de plus en plus sensible aux mouvements de protestation anti-américains. A Taiwan, on commence à sagacer de servir de levier de manuvre à Washingon : « Les Etats-Unis devraient comprendre que la question taiwanaise ne doit pas être considérée comme un appendice de la question chinoise » écrivait le Taipei Times dans son éditorial du 18 novembre. Quant à la relation avec le Japon, réaffirmée avec force au cours de cette visite, elle est tellement univoque et ostensible aux côtés dun allié plutôt controversé en Asie, quelle risque à la longue de limiter la marge de manuvre de Washington dans la zone.
Cest bien ce que soulignent aux Etats-Unis, les spécialistes du Japon qui pointent du doigt les tensions sino-japonaises provoquées par les visites répétées de Koizumi au sanctuaire Yasukuni. Ils indiquent en même temps quau delà des apparences, les relations Tokyo-Washington restent plombées par lattitude ambiguë du pouvoir nippon qui, empétré dans les blocages traditionnels de la société japonaise et les pressions du monde des affaires, tarde lui aussi à réformer le pays et à répondre aux incitations douverture de la Maison Blanche.
Georges Menahem
12/12/2005
Les néoconservateurs éclairés invoquent la croissance molle, le chômage élevé et les tensions sociales comme causes des violences urbaines en France. Ils ne peuvent comprendre cette réalité car ils ne peuvent admettre que le caractère néolibéral de la globalisation qu’ils célèbrent est à la source du désespoir des jeunes en France comme du rejet du modèle occidental dans les pays du Sud.
Car c’est bien la mondialisation néolibérale, la flexibilisation du travail, la précarisation et l’émiettement des perspectives de la jeunesse qui sont à la source de leur désespoir et de leur révolte nihiliste. Car les violences urbaines ne sont que lenvers des conditions de travail émiettées, parcellisées et sans avenir auxquelles la globalisation néolibérale condamne les jeunes des banlieues au 21ème siècle.
Quelques simples mises en relation vont dans ce sens :
1. Globalisation néolibérale et dualisme du marché du travail
La globalisation néolibérale, avec sa pression au développement de la concurrence et sa limitation des protections du travail et des régulations étatiques, pousse au développement de la flexibilité de lappareil productif : les emplois sont moins protégés, donc plus facilement remis en cause, plus courts et davantage soumis aux besoins des patrons. Ceci renforce le dualisme du marché du travail, cest-à-dire son partage entre un secteur protégé (les CDI avec conventions collectives) et un secteur flexible (les CDD, lintérim, les stages) dans lequel les salariés doivent supporter la précarité et les conditions de travail les plus dures et les plus risquées. Ce dualisme touche aussi à la sphère des employés : les CDD sont multipliés dans les commerces, les hôpitaux, les banques ou la Poste, par exemple, où des postières connaissent plus de 300 contrats successifs en sept années.
En cas daléas de la production, par exemple, dès que la demande augmente, dès que survient un besoin extraordinaire ou qu’une absence “imprévue” menace d’interrompre le processus de production, les entreprises n’embauchent pas de CDI mais font appel à des contrats à durée déterminée (CDD) ou à des sociétés d’intérim. Les contrats associés durent peu de temps et accentuent la précarité des jeunes travailleurs qui, en très grande majorité, sont obligés de passer par là quand ils cherchent leurs premiers emplois.
Et, même quand ils voient leur contrat reconduit et restent plus longtemps dans l’entreprise, “ils font toujours les boulots les plus embêtants, ceux que les gars en fixe n’aiment pas faire” (comme le déclarait un ajusteur monteur venant d’achever une mission d’intérim reconduite depuis 3 ans de semestre en semestre).
Une enquête du ministère du Travail, le confirme : 40 % des ouvriers de l’intérim, contre 24% des ouvriers en contrat à durée indéterminée, réalisent des gestes répétitifs à cadence élevée plus de vingt heures par semaine ; 70 % (contre 60 %) sont debout plus de vingt heures par semaine, tandis que 50 % (contre 20 %) sont soumis à la rigidité des horaires alternés.
Dans les services de nettoiement, entre 60% et 70% des contrats sont à temps partiel, pour des horaires débutant souvent très tôt le matin et finissant tard le soir. La vie de femme ou dhomme de ménage se résume ainsi à une course entre des lieux de travail distants mais sans aucune autre perspective que la répétition des mêmes gestes fatigants et usants, tout en manipulant et respirant des produits dentretien toxiques.
2. Plus de flexibilité doù un surcroît d’accidents du travail et de maladies professionnelles
Les missions d’intérim sont souvent décidées au dernier moment et au plus vite, avec des personnels hâtivement sélectionnés, pour effectuer des travaux fréquemment complexes et dangereux. Aujourd’hui, une mission sur quatre ne dure pas plus dune journée et deux sur trois moins d’une semaine, ce qui est difficilement compatible avec une formation minimum, voire avec le simple rappel des consignes de sécurité. Des durées si limitées empêchent les comités d’hygiène et de sécurité ou les médecins du travail, acteurs traditionnels de la prévention en entreprise, de se pencher sur le sort des intérimaires. Et que peut faire un intérimaire à qui est proposé au téléphone, dans l’urgence, une mission dans une entreprise et un lieu qu’il ne connaît pas ? Que peut-il faire ensuite quand il arrive dans un chantier qu’il ne connaît pas, dans lequel les consignes de sécurité ne sont pas indiquées, les équipements de protection non disponibles et les tâches de travail toutes plus urgentes les unes que les autres ? Il ne peut quessayer de se débrouiller sans trop demander ni se plaindre par peur de déplaire et de voir sa mission interrompue. Résultat, selon les statistiques professionnelles, les travailleurs temporaires connaissaient en France un taux d’accidents du travail 2,2 fois plus élevé que la moyenne de tous les salariés, et un taux d’accidents mortels au travail 2,1 fois plus important.
3. Doù plus de stress et dangoisses au travail
Le poids croissant des contraintes de temps, des urgences et de la crainte des sanctions se conjugue avec d’autres éléments de tensions et d’anxiété moins quantifiables et contribue au développement du sentiment de stress des salariés. Vivre en permanence dans l’urgence ou dans l’angoisse des aléas se traduit par une surcharge psychique qui se manifeste dans des surcroîts de nervosité, dans des angoisses apparemment “sans cause” ou dans une irritabilité plus importante. Plus les indicateurs de stress sont élevés, plus la probabilité de connaître des maladies cardio-vasculaires est importante, plus les manifestations des troubles musculo-squelettiques (TMS) associées à des gestes répétitifs sont fréquentes et plus grande est la probabilité de fumer, ce qui est un facteur de risque pour de nombreuses autres pathologies. La combinaison des divers facteurs de surcharge psychologique avec la plus grande vulnérabilité des travailleurs précaires (manque de temps pour se soigner, moindre protection sociale, etc.) se traduisent aussi très souvent dans des insomnies et la dépendance à légard des somnifères et psychotropes.
4. Un statut plus précaire et de grandes difficultés pour sinstaller
Les personnes à statut précaire peuvent difficilement s’endetter tant il est difficile pour elles de présenter des garanties aux organismes financiers. Labsence dun contrat de travail ou de fiches de salaires régulières empêche en effet de présenter des garanties suffisantes pour louer un logement sur le marché « libre » comme pour souscrire des emprunts nécessaires à lachat de mobilier ou de voiture. La fragilité des perspectives d’emploi conduit alors les ménages à repousser leurs projets d’investissements et dinstallation. Ce qui va avec cela, le recours aux I.V.G. à répétition ou aux avortements « sauvages » tient souvent lieu de contraception.
5. La précarisation et lémiettement du travail interdit les projets davenir vivable
Un travail parcellisé entre des petits boulots sans intérêt ni avenir, une vie précarisée qui interdit tous projets dinstallation, voilà le futur ordinaire et bien peu enthousiasmant que la majorité des jeunes peu diplômés ou sans diplômes doit affronter au sortir de lappareil scolaire. Quand la société accumule les obstacles à lentrée dans la vie active et semble refuser aux jeunes tout moyen de construire des projets, il y a là bien souvent loccasion davoir « la haine » et de « péter les plombs ».
Quelques sources bibliographiques alimentent ces analyses
- ANACT (1998), TMS et évolution des conditions de travail Les actes du séminaire 1998, coordonné par Bourgeois F, éditions de l’ANACT, Lyon.
- Cézard M., Hamon-Cholet S. (1999), “Efforts et risques au travail en 1998”, Premières Synthèses, 99.04 - 16.1, MES-DARES.
- CNAMTS (1999), Statistiques financières et technologiques des accidents du travail, Années 1994-1995-1996, Paris.
- Devillechabrolle V (1998), “L’intérim est mauvais pour la santé”, Alternatives économiques, 158, Avril.
- Gorgeu A, Mahieu R (1998a), “Filière automobile : intérim et flexibilité”, 4 pages du CEE, Centre d’études de l’emploi, Noisy le Grand.
- Gorgeu A, Mahieu R (1998b), “Restructuration productives et évolutions des organisations”, in TMS et évolution des conditions de travail Les actes du séminaire 1998, coordonné par Bourgeois F, éditions de l’ANACT, Lyon.
- Johnson J V, Hall E M (1988), “Job strain, work place social support, and cardiovascular disease”, American Journal of Public Health, 78, pp. 1336-42.
- Héran-Leroy O, Sandret N (1997), “les contraintes articulaires pendant le travail”, Premières synthèses, n°97.06-24.4, MES-DARES, Paris.
- Jourdain C, Tanay A (2000), “Le travail temporaire au premier semestre 1999”, Premières informations, n°2000.02 - 06.1, MES-DARES, Paris.
- Lehndorff (1997), “La flexibilité chez les équipementiers automobiles en Europe”, Travail et Emploi, 172, juillet.
- Otten F, Bosma H, Swinkels H (1999), “Job stress and smoking in the Dutch labour force”, European Journal of Public Health, 9, 1, pp. 58-61.
- Ovadia C (1998), “Quand le travail casse le corps”, Alternatives économiques, 161, Juillet.
- Puech I, « Le temps du remue-ménage - Conditions demploi et de travail de femmes de chambre », Sociologie du travail, 46, n° 2, avril-juin, p. 150-167. en http://www.univ-paris8.fr/scpo/puech.doc
- Rot G (1998), “Urgence et flux tendu dans l’industrie automobile”, Sciences de la société, 44, pp. 99-111.
11/12/2005
Une information très peu diffusée
Source : Dépêche AFP issue de “Le Monde”
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-26228955@7-40,0.html
Un général irakien qui a fait défection dénonce des tortures
AFP 10.12.05 | 12h42
Un général irakien, qui commandait les forces spéciales du ministère irakien de l’Intérieur et a fait défection il y a quelques jours, a dénoncé les “tortures” infligées à des prisonniers dans des centres de détention clandestins, dans une interview diffusée samedi par France Inter.
Le général Mountadhar Al-Samaraï, un sunnite, qui a dû quitter l’Irak parce que sa vie était menacée, a dénoncé en particulier des tortures infligées à un certain Najim al-Takhi, un chef présumé de la guérilla.
“J’ai pu voir les tortures que ses geôliers lui avaient infligées. Il avait reçu des décharges électriques. On l’avait flagellé à coups de câbles. Et pour finir, ils lui avaient planté des clous dans le corps”, a-t-il dit.
Le général a fait défection parce qu’il était lassé d’alerter ses supérieurs sur les exactions commises sans obtenir de réponse.
Il a affirmé pouvoir détailler des dizaines de cas, avec tous les noms et toutes les dates.
“La plupart des tortures ne se font pas dans les commissariats officiels, mais dans des centres de détention clandestins”, a-t-il dit. Le mois dernier, l’armée américaine a démantelé une de ces prisons, dans le quartier de Jadriya, à Bagdad.
Mais Jadriya n’était que la prison numéro un, selon le général, qui localise en tout dix établissements de ce type.
“La prison numéro deux se trouve Place Al-Nossour, juste à côté de la Tour de Bagdad. La prison numéro trois se trouve près du Canal (traversant l’est de Bagdad). La quatrième est à Radouanyia”.
L’ancien officier des forces spéciales a encore cité des prisons secrètes à Kout, à Youssoufiya, à Saïdiya, au sud de Bagdad, où, a-t-il assuré, la torture est pratiquée.
Le 2 décembre, l’armée américaine a annoncé qu’elle procèderait à des inspections surprise de prisons en Irak pour s’assurer que les détenus ne sont pas victimes de sévices de la part de policiers irakiens.
En novembre, elle a libéré quelque 170 prisonniers, pour la plupart sunnites, d’une prison gérée par le ministère de l’Intérieur à Bagdad où au moins sept détenus avaient été torturés et d’autres privés de nourriture, d’eau et de soins médicaux.
Le renseignement militaire américain est en train de dresser une liste de sites qui pourraient être inspectés par des équipes américaines et irakiennes, avait alors indiqué le général américain Martin Dempsey.
ProphetX
11/12/2005
Bonjour,
Souvent dans vos articles vous exprimez l’idée que la france est intrinsèquement l’un des pays où l’idée de souveraineté est la plus forte et la plus marquée dans la culture politique et populaire.
Je me suis alors demandé si l’on pouvait trouver une explication historique simple à cette théorie. Malgré mes connaissances modérées en histoire, il me semble effectivement que la france est l’un des seuls pays au monde à avoir disposé d’un pouvoir souverain continu et quasiment ininterrompu lors de ces 1500 dernières années.
En cherchant d’autres pays ayant la même caractéristique, mes connaissances me font prononcer, du bout des lèvres, l’angleterre. A ce que je sache, ce pays a mis du temps à s’unir et à devenir un seul peuple. En 1066, ils n’étaient peut-être pas encore vraiment une nation.
La plupart des autres pays d’europe ont subis diverses invasions qui leur ont fait perdre leur souveraineté sur une longue période (les arabes en espagne, les mongols en russie, le morcellement du pouvoir en allemagne et en italie, l’éclatement de l’empire austro-hongrois).
En amérique, toutes les nations sont jeunes. Reste l’asie. Je vois le Japon, qui a une longue histoire d’indépendance. C’est peut-être le seul pays qui supporte la comparaison. Il y a aussi la chine qui, malgré les diverses invasions, a su rester elle-même en absorbant les envahisseurs dans leur immensité.
Bref, je sais que mes connaissances en histoire sont limitées, et je pense avoir dit quelques bêtises. J’aurais plaisir à avoir l’avis d’une personne avisée sur ce sujet, voir votre avis à vous, auteur de ce site.
Cordialement,
AG
MHB
10/12/2005
Alons, allons, ne nous enervons pas, le venerable LE MONDE dans les annees soixante - si je me souviens bien - avait a l occasion d une nouvelle annee sorti un numero exceptionnel (et pastiche) qui portait la date du 1er janvier 2000 - si ma memoire est fidele - ou il etait question de la democratie populaire americaine et de la Russie capitaliste.
Premonitoire ?
On peut se le demander.
En tous cas de quoi faire reflechir sur la convergence sinon des ideologies mais du moins des methodes.
F. Bordonaro
10/12/2005
Bonjour,
Votre dernière analyse est un texte de réflexion fort intéressant. Tout d’abord, car il réussit à mettre en relation des événéments “géostratégiques” et économiques avec les “représentations” (à savoir, comme l’explique le géopolitologue français Yves Lacoste, “l’ensemble des idées et perceptions collectives d’ordre politique, religieux ou autre qui anime les groupes sociaux et qui structure leur vision du monde”.
En fait, comme le politologue états-unien Michael A. Weinstein l’a expliqué [ http://tinyurl.com/dkaqk ], le “protectionnisme” est de retour (sous forme “masquée” ou explicite). D’ailleurs, je suis convaincu que les 4-5 prochaines années seront marquées par une étrange co-existence entre une tendance “globalisatrice” et une contre-tendance “néo-nationaliste” (appelez-la “patriotique économique” ou encore “étatiste”, etc.).
Ceci peut apparaitre contradictoire. Il l’est, en effets. Pourtant, il est concrètement possible. Au niveau épistémologique, il serait intéressant de prendre en compte la “logique du tiers-inclus” (voir Stéphane Lupasco, Gilbert Durand), dont le géographe et géopolitologue français Gérard Dussouy (2001) tente l’introduction dans l’analyse géopolitique.
Posant son regard sur l’opposition entre “intégration et antagonisme”, Dussouy (p.47) explique que “il faut dépasser la dialectique intégration/antagonisme [...] Un mode de saisie de cette complexité apparait particulièrement heuristique: la logique trialectique définie par l’anthropologue Gilbert Durand. [...] Cette épistémologie, sans etre syncrétique, retient toutes les faces de la réalité du monde”.
En outre, le “chaos” et le manque actuel de “lisibilité” du systéme international dans son ensemble correspond, à mon sens, à la tentative meme, de la part des Etats-Unis, de “ré-écrire” la carte géopolitique du Moyen-Orient (ou bien, mieux, de la “diagonale de crise” allant du Soudan au Kazakhstan).
Cette tentative s’écrase contre l’irréductible vitalité des nations—ou pour mieux dire, de certains acteurs nationaux (voir les guérrillas iraquiennes, l’Iran, les manoeuvres de contre-influence inspirées par Moscou et Pékin en Asie centrale).
Le “meilleur des mondes géopolitiques possibles” pour Washington ne serait-il pas, en effets, une ensamble de “macro-régions” à la fois émiettées et ré-intégrées dans des institutions supranationales? Evidemment, dans des institutions l’orientations desquelles les Américains seraient en mesure de influencer de façon décisive…
Si cela est vrai, alors Votre commentaire ci-dessous est parfaitement compréhensible:
“Les Français, Chirac et les autres, ont compris: c’est la nation d’abord et, dans ce cas, contre la Commission; et tant pis pour la Commission. Les intérêts nationaux sont revenus au premier plan. Tout le reste, y compris l’utopie européenne, leur est sacrifié. Le résultat sera des États renforcés qui, regroupés selon leurs intérêts, s’affirmeront européens avec force et puissance, - au contraire de l’Europe à 25. Paradoxe dans l’esprit du temps: le “moins d’Europe”, c’est plus de puissance.”
Bien cordialement,
FB
* Gérard Dussouy, (2001), Quelle géopolitique au XXIème siecle?, Bruxelles, Complexe.
Gwenn Englebienne
09/12/2005
Tout d’abord, je tiens à exprimer mon admiration pour vos analyses, et à vous féliciter pour votre site. J’aimerais toutefois réagir votre article “Leur guerre de midinettes”, et en particulier au point pénultième. Vous y écrivez, je cite:
“Sur ce dernier point, aucun doute: leur innocence est avérée.”
Si ‘ce dernier point’ réfère bien à ‘l’accusation centrale’, je pense que vous sousestimez aussi bien Bush que Blair. Oui, ils sont le produit de leurs sociétés. Oui, ils ont étés formés par la propagande de leurs prédécesseurs. Oui, ils vivent dans une bulle. Mais les raisons historiques, les pressions et des manipulations externes, la politique interrieure des deux pays, ainsi que leur ambitions - aussi bien nationales que personnelles, mais personelles, surtout - ont joué un rôle prépondérent dans la définition du message qu’ils passent au public.Il serait naif, à mon sens, de croire qu’ils croient ce qu’ils veulent qu’on croie (pour parodier Rumsfeld).
Je pense que la propagande US a été dévelopée de façon tout ce qu’il y a de rationelle, et d’ailleurs elle fonctionne parfaitement bien. Bush a même été élu, cette fois-ci! Et, comme vous le disiez vous-même, la politique de Blair fut conçue de façon tout à fait réfléchie. Les arguments ne manquent plus pour croire qu’aussi bien Bush, que Blair, que l’administration Américaine et que le congrês Américain savaient fort bien à quoi s’en tenir au sujet de l’Iraq, de ces armes de destruction massive, et de son obéissance au résolutions du conseil de sécurité des nations unies. Pris ensemble, le fameux Downing Street memo, les rapports de l’AIEA et d’El Baradei, les révélations de Clarke, O’Neill, et de Scott Ritter sont à mon avis convaincants dans ce sens.
Il est tentant, surtout dans le cas de Bush, de ne voir en eux que des pantins. Je crois cependant qu’il serait une erreur de les sous-estimer, et d’ailleurs, qu’ils soient virtualistes ou pas, la réalité qu’ils représentent (que ce soient Bush, Chenney ;-), ou d’autres) est tout sauf innocente.
Dronnikov Grégoire
08/12/2005
Je reste très amusé par l’attitude du gouvernement polonais dans cette affaire de “révélation” sur les intentions du pacte de varsovie.
Je me souviens avoir lu, à l’époque de la chute du régime communiste en pologne et dans les autres pays de l’est (on va dire entre 1989 & 1992 pour être large, ma mémoire n’est pas précise) EXACTEMENT la même REVELATION sur les intentions des forces armées du pacte, càd attaque nucléaire “préventive” en cas d’agression des forces de l’otan.
Pour moi, cette révélation est encore affaire de propagande états-unienne et démontre bien l’ancrage du régime polonais sur les neo-cons.
Il serait interessant de retrouver dans la presse de l’époque cet information, malheureusement google n’existait pas encore !!!
Cordialement, GD.
ps : je vous souhaite bon courage pour la continuation du site.
Kovy
07/12/2005
Je ne serais pas aussi négatif que vous sur l’option F/A-18E comme alternative au jsf britannique et ce pour plusieurs raisons :
- Il incorpore beaucoup moins de technologies “exclusives” que le jsf et de ce point de vue est tres proche d’un eurofighter ou d’un rafale : avion discret et non furtif, avionique conventionnelle, radar à antenne mécanique avec possibilité de passer à un radar aesa. A priori, les transferts de technologies et l’obtention de codes sources seraient sans doutes moins problématique que pour le JSF voir le rafale M français.
- Il est construit par Boeing, grand rival de Lockheed. or Boeing commence sérieusement à désespérer de placer son F-18E sur le marché export (voir à ce sujet la débauche d’énergie dépensée en Inde). Les Britanniques auraient donc la possibilité de négocier un tarif plus qu’avantageux avec le géant de Seattle.
- Si les Britanniques décident de ne pas acheter le JSF, cela fait une perte d’une petite centaine d’appareils pour Lockheed qui compte en construire plus de 2500 sur 20 ans (au bas mot). Autrement dit, ce serait une perte de production négligeable alors que du point de vue de Boeing, cela permettrait de garder la chaine de production du F-18E ouverte au moins j’usqu’en 2015. Cela leur permettrait de lisser la baisse d’activité sur le F-15 et de garder une marge de manoeuvre sur le marcher export des avions de combat pilotés pendant les 10/15 prochaines années.
Dans ces conditions, nulle doute que certains hommes politiques américains “sous influence Boeing” soutiendraient favorablement un F-18E britanniques, transferts de technologies inclus.
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