Forum

Pour poster un commentaire, vous devez vous identifier

Saisissant parallèle ?

Article lié : Maturité de la postvérité

jc

  21/12/2020

Politiciens et physiciens contemporains : même combat ?

PhG : "J’attends avec intérêt, sinon une certaine jubilation nécessairement angoissée, de voir ce que l’Histoire va juger opportun de faire de ces débris sinistres de cette tentative extraordinairement arrogante de maîtriser l’univers avec des incantations de sorciers de pacotille."

Thom (ES, conclusion) : "Cela [les premiers succès de la physique moderne] a conduit des physiciens à prendre une attitude que je qualifie de "démiurgique". On s'imagine que le monde a été construit par un Démiurge intelligent, grâce à certaines formules simples. Le but de la Science, c'est de retrouver ces formules, qui permettront à l'Homme de réaliser le rêve prométhéen de dominer le monde. Et ceci même si ces formules apparaissent comme des formules magiques sans aucune justification intelligible."

Jean Cocteau : "Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur.”

Où est passée l'huile ?

Article lié : L’inservilité volontaire et La société du spectacle

Michel Donceel

  21/12/2020

« Désormais, ce ‘confort’ qui rendait le Système supportable pour le plus grand nombre, ce ‘confort’ n’existe plus… »
Oui, c'est vrai, bien sûr, même si, pour la partie dite « bobo » des classes moyennes, il faudrait davantage parler de 'corruption' plutôt que de confort. Pour les autres, ça fait longtemps que le confort est tombé au minimum syndical.
Non.
Ce qui rendait le Système supportable pour un très grand nombre, c'est que, malgré tout, il restait de l'huile dans les rouages.
Et, ce qu'ILS ( nos éminences ) sont en train de supprimer avec la fougue propre aux convertis du Monde d'Après, c'est l'huile en question.
On parle ici de l'huile des rapports humains.
Aller prendre un verre, se payer un resto de temps à autre, s'arrêter dans la rue pour un brin, de causette, rencontrer des gens…Comment parler avec un masque sur la bouche ? Comment sourire ? Comment même respirer ?
Plus question de contacts humains. Tout doit désormais passer par bidulophone, internet, formulaires divers.
Plus question de se rassembler pour faire la bringue, ou un « bœuf » entre musiciens.
Plus question de parler ensemble. Visioconférence obligatoire. Etc…
Et il se fait que, humainement et biologiquement, beaucoup de gens ne sont pas prêts à transformer leur vie en un huis-clos permanent face à un écran. Et que beaucoup considèrent qu'une vie passée à se protéger de tout ne vaut guère la peine d'être vécue.
Ici, c'est bel et bien une pulsion vitale fondamentale de l'espèce humaine – son côté « tribal » ou «de meute », son besoin énergétique de contact – que le Système attaque.
 

Cthulhu est woke

Article lié : Wokez-vous de nous !

Didier Favre

  20/12/2020

Quand vous notez l’absence d’intérêt des lecteurs pour ce sujet du wokenisme, vous évoquez pour moi l’image d’un type reprochant à une souris de ne pas attaquer l’éléphant dans la pièce. J’ajoute que la souris aurait la partie facile face à l’éléphant par rapport à ma personne si je devais résoudre le problème évoqué par Weinstein.

Ce problème me fait penser que le wokenisme viendra me chercher comme le nazisme est venu rechercher tous les gens avec qui je n’étais pas d’accord ou qui m’étaient indifférents. Je mets le communisme dans le même tonneau du messianisme le plus dur.

Ce genre de mouvement de pensée religieuse suppose que Dieu est très loin de nous et que nous devons prendre les choses en main pour qu’il puisse revenir parmi les hommes.

Cette analogie de comportement me fait attribuer au wokenisme l’importance que les totalitarismes du XXème siècle avaient. Je nous suppose donc d’accord sur ce point. Elle est énorme.

Pour avoir simplement la trace d’un espoir de parer le coup terrible qui s’annonce ou pour pouvoir, en cas de survie de ma part et ou des miens, s’organiser pour après, il m’apparaît absolument nécessaire de comprendre ce qui nous arrive dessus

Votre hypothèse explicative basée sur la psychologie déchaînée et du satanisme me plaît. Je prévois de m’en expliquer ci-dessous.

Je rêve ensuite de trouver une sortie au problème énoncé par Weinstein. Il me plairait également de disposer d’au moins une alternative au wokenisme. Ce ne sont que des rêves. Pour les transformer en actions, il s’agit de comprendre le wokenis

Comprendre

Mon essai dans ce sens se heurte maintenant à ce que je connais de plus solide et de plus intangible dans l’univers : le néant. De ce néant sort la plus grande terreur que je connaisse : le chaos.

Pour affirmer la première chose, il me faut définir le néant selon mes termes. Pour cela, je me base sur l’existence de mes limites. C’est un postulat tout à fait acceptable pour chacun, donc pour vous, mon lecteur. Il vous suffit pour cela de vous heurter aux vôtres. Si cela vous parait confus, je vous propose une petite expérience.

Sortez la nuit dans un endroit mal ou pas du tout éclairé et levez les yeux au ciel. Avec un tout petit peu de chance, vous y verrez la lune. Elle est aisément identifiable. C’est le truc lumineux aussi gros que le soleil et qui se trouve dans le ciel presque aussi souvent que ce dernier. Décrivez maintenant cet astre. Même avec une vue parfaite, nous en direz très peu de choses. Il serait maintenant vous apparaître clairement qu’il est possible d’en dire énormément plus.

Vous venez de toucher vos limites. La même expérience s’applique à absolument tout ce que je connais ou que je peux imaginer.

Elle contient un phénomène extraordinaire ou deux. Le premier est la prise de conscience de la petitesse de mon savoir. Il est sérieusement limité. Mon ignorance en devient un océan gigantesque et fascinant au point de me la faire considérer comme l’aspect le plus riche de ma personnalité. Le second est la présence du néant. Il commence là où mon savoir cesse. C’est ma définition du néant.

Le chaos en découle aisément à mes yeux. Il est ce qui sort de ce néant sans que j’en comprenne quoi que ce soit. Je me le prends en travers de la figure sans le voir venir. Il me frappe sans que je puisse faire quoique ce soit pour m’en protéger. Cela le rend infiniment terrifiant.

Le sentiment d’impuissance associé, la douleur des coups totalement incompréhensibles de la vie provoquent en moi une terreur et une angoisse si terrible que le suicide pour y échapper en devient une option raisonnable.

Il se pourrait bien qu’ici je décrive ce que vous nommez une intuition haute car cette idée de néant et de chaos sont aisément généralisables à bien des expériences humaines selon la conception que j’en ai.

Ce néant et son chaos associé induisent une énorme tension psychologique intérieure en tout individu qui le confronte. C’est infiniment pire quand cette personne ne dispose d’aucune structure intérieure lui permettant de tenir cette « bête » en respect.

Je prends ici conscience d’avoir atteint les limites de ma pensée. Je vais continuer à expliquer pourquoi votre idée me plait mais je le fais en sachant que ce que je vais écrire m’apparaîtra insuffisant, pas clair, flou et contradictoire. Je continue non pas pour apporter ma solution au problème posé par le wokenisme mais pour jeter un brouillon d’idée de palimpseste de solution. Ce qui suit sera donc repris ailleurs pour moi dans tous les cas et pour d’autres si le miracle de l’écriture me reprend.

Nous sommes donc en compagnie d’une bête. Le monstre de Lovecraft « Cthulhu » est une bonne image de ce néant chaotique qui m’occupe ici. Sa description correspond à mon expérience et donc au wokenisme.

Les deux sont intimement liés. Cthulhu est dans les esprits des personnes « woke ». Elles ressentent durement sa présence. Elles ont eu l’occasion de l’admirer et de le craindre. Naturellement, elles veulent s’en protéger à n’importe quel prix. Lovecraft explique que si ce monstre se réveille, nous serons très mal en point. Je me retrouve ici très proche de l’influence satanique de votre texte. Satan et Cthulhu sont deux mots décrivant la même réalité.

Leur arrivée dans notre monde n’est pas obligatoire. Ce n’est pas une fatalité. Pour qu’ils y viennent, il faut leur ouvrir une porte selon Lovecraft et selon ce que je connais de Satan. Le simple fait que je soie encore en vie et que l’humanité continue son chemin me dit que les monstres dangereux ne sont pas la règle de cette univers, plutôt des cas particuliers.

Une référence me vient à l’esprit en cet instant. Lucifer était le plus puissant des anges. Il l’était tant qu’il s’est révolté contre son créateur. Il était aussi le porteur de lumière.

Je suspecte cette référence de n’être qu’une mythologie. Cela ne lui ôte en rien sa force.

Le serpent a fait manger du fruit de la connaissance à Adam et Eve (également une mythologie d’une force fantastique). J’associe librement cette connaissance à la lumière de Lucifer. Je le fais sans raison particulière sinon que je vois ici une construction de mon esprit rendant compte d’une réalité observable dans ma vie. Elle n’en devient pas une vérité mais elle me permet d’associer le savoir et la conscience acquise à travers ce dernier à un énorme problème existentiel. Notre savoir et notre conscience nous mettent devant notre nudité face à l’univers. Le chaos et le néant entrent brutalement dans nos vies lorsque nous mangeons de ce fruit.

Il nous sépare brutalement de l’univers. Il nous enferme dans nos crânes et nous fait nous cacher car nous savons que nous sommes nus. La souffrance qui nous a accompagné depuis cet instant est si énorme que nous passons une part non négligeable de nos vies à éviter la réalité. Nous n’avons simplement pas les moyens de le faire continûment.

Ce fruit nous enivre tout aussi brutalement. Il nous donne l’illusion et parfois la capacité de maîtriser la réalité. C’est une drogue puissante. Nous pouvons imaginer disposer dans nos esprits des moyens de totalement maitriser l’univers. Nous pouvons nous voir en train de résoudre cette atroce souffrance qui est en nous. Il suffirait pour cela que l’univers se soumette à notre volonté.

La folie absolue, la stupidité infinie, l’hypocrisie totale, le sentiment de supériorité morale indu, l’impression d’être empathique avec l’univers entier, le narcissisme délirant des wokénistes s’expriment dans cette ivresse. C’est aussi le côté maniaque de la dépression que vous abordez.

La pauvreté créatrice des woke, le vide abyssal de leur pensée, le ridicule de leurs exigences sont dans le néant et le chaos issus de la consommation de ce fruit. C’est le côté dépression de votre hypothèse.

Ce même néant et chaos absolument terrifiants amènent avec eux l’autoritarisme le plus absolu, le plus dur qui soit. Il est à la mesure de la terreur que tout humain confronté à ce néant ressent. Relâcher la pression, faire preuve d’indulgence pour des écarts de langage, regarder au delà du confort des certitudes misérables que l’idéologie leur apporte est impensable. Cela les mettrait face à ce néant et ils sont particulièrement mal armés pour y faire face.

Ils sont les enfants des Lumières (Lucifer est là selon moi. J’ai l’impression de le voir admirer son oeuvre. Terrifant, magnifique, brillant, cruel, possesseur d’un grand nombre d’âmes pour lesquelles il ne ressent aucune compassion). Ils ont reçu de Voltaire et des autres le don de la Raison, qui est le fruit défendu selon moi. Ils en sont ivres. Ils en sont terrifiés à un point que je n’ai jamais atteint. Ils s’en cachent avec des théories ridicules si l’urgence dans laquelle ils sont n’était pas énorme. Ils se retrouvent à projeter leurs terreurs aussi réelles que réalistes sur tout ce qui s’écarte légèrement de leur règle. Le plus petit écart les met dans la rage absolue de celui qui est menacé par un ignorant. Comme leur situation ne s’améliore pas, les écarts de comportement les menaçant deviennent de plus minuscules. Ils ont besoin de ces écarts pour pouvoir conserver leur idéologie de la réalité. Si elle disparaissait, ils seraient nus.

Je me retrouve ici avec la terreur, la souffrance, l’ivresse, la folie, le ridicule, la rage ressentie par les personnes éveillées. Elles sont dans la situation que Satan ou Lucifer les a placées. Elles ne peuvent que souffrir atrocement de leur dépression maniaco-dépressive.

Cette idée est incomplète et imparfaite. Elle devait être retravaillée. Elle devrait permettre d’accéder à un savoir utilisable. Le wokenisme est un problème qui viendra me chercher. Je souhaite savoir que faire ce jour là. Je voudrais disposer d’une solution au problème qu’il pose.

Dans le cas où j’arrive à une réponse à ce problème, je me retrouve au début d’un chemin si long que je n’en verrai jamais la fin de mon vivant. J’ai une fille. Je lui dois une réponse à ce problème qu’elle sera affronter.

Satanisme laveyen

Article lié : Wokez-vous de nous !

jc

  20/12/2020

PhG : "On a déjà parlé beaucoup du wokenisme sur dedefensa.org, (...) Je suis un peu peiné de voir le peu d’intérêt que soulève cette question chez les lecteurs." ;
          "Mais au fait, je conclurais sur ce point en observant sans hésitation que la seule réelle influence qu’ils [les wokenistes] reçoivent et dispensent éventuellement est, à mon avis et très fermement pour mon compte, celle du satanisme dont on attribuera l’origine à qui de droit." .

Je ne me suis jamais intéressé au satanisme, bien que PhG y fasse souvent allusion. En consultant Wikipédia je découvre qu'il y a le satanisme théiste -satanisme traditionnel, satanisme spirituel- auquel l'héraclitéen et le "yin-yang" que j'essaye d'être ne trouve pas grand chose à redire (Ciel et Terre, Vox Dei et Vox Populi) puisque, pour moi, "La coïncidence des contraires est l'harmonie suprême", et le satanisme laveyen (1) qui semble être celui auquel se réfère Joseph de Maistre (et donc PhG?), et que je verrais bien être celui à rattacher au wokenisme :

"La Révolution française sera qualifiée par Joseph de Maistre d'« intégralement satanique, consubstantiellement satanique, elle représente le mal » générée par ce qui représente le mal pour les catholiques monarchistes : la philosophie des Lumières, le rationalisme, puis la franc-maçonnerie."


(1) « Il est préférable d’être un maître en enfer, qu’un esclave au paradis ! »
 

Revolution culturelle ??

Article lié : Wokez-vous de nous !

Georges Oc

  20/12/2020

" Je suis complètement opposé, par contre, aux explications ‘révolutionnaires’ qui sont proposées, et notamment aux références faites aux périodes léninistes-staliniennes, ou à celle de la révolution culturelle en Chine. "

Permettez-moi de ne pas être tout à fait d'accord avec vous. J'ai travaillé en Chine en 78/79. Mao était déjà mort, et à Pékin on trouvait les premières affiches "contestataires" les Dadzi-Bao (j'y étais). Les chinois sortaient du désastre de la Révolution Culturelle initiée, organisée et entretenue par la femme de Mao. Cette femme était à la Chine ce que la Clington est aux USA, une folle hystérique et inhumaine.
Je n'ai pas connu cette période, mais mes correspondants chinois, eux l'ont vécu directement, et nos relations professionnelles induisant un climat de "confiance" certes limité mais sincère, faisait qu'ils  arrivaient à évoquer à mots couverts, parfois avec humour, cette période.
De tout cela il ressort que si les évènements actuels aux USA ne peut pas être comparables à la situation chinoise de l'époque, il n'en demeure pas moins que les débuts des deux mouvements ont de grandes similitudes surtout concernant la haine entretenue par les révolutionnaires envers leurs cibles.
L'autre point que je ne partage pas avec vous, c'est le côté "soumis" du peuple chinois. J'ai vécu le début du "grand bond" et surtout la rapidité à laquelle il s'est effectué, or on ne peut pas comprendre la dynamique de ce mouvement si on voit le chinois comme soumis. En fait il a vite compris que s'il veut vivre, il doit accepter les codes, ceux des paroles, et ceux des actes, et attendre que "ça passe" (j'ai mille anecdotes illustrant cela). La civilisation chinoise est vieille de 4000 ans, alors qu'est-ce que 50 ans de communisme.

Pour revenir au sujet de votre article, je pense que le mouvement "woke" va ressembler de plus en plus à la révolution culturelle chinoise. Il sera même pire, car en face ce ne sont pas des chinois "soumis" mais des ricains armés et largement aussi débiles que les BLM.
 

In principium erat harmonium ?.1

jc

  19/12/2020

Je suis allé un peu vite en écrivant que les quatre principes du pape François étaient Thom -compatibles. Je dois des précisions pour le deuxième. Pour Thom, en effet, si l'unité prévaut sur le conflit -deuxième principe franciscain-, c'est parce que le continu précède ontologiquement le discret, position théologique. Il ne conçoit pas les mathématiques comme Aristote (pour qui elles sont connaissance des substances extraites de la matière), mais plutôt comme une théologie (connaissance des substances séparées de la matière (1) ).

Pour Thom (comme pour Aristote et le Dieu de la Bible), l'acte fondateur sépare, plus précisément différencie (2), l'unité pouvant ainsi être récupérée par intégration.

Peut-être la position de Grothendieck est-elle opposée, c'est-à-dire que l'acte fondateur est pour ce dernier une réunion, comme le suggère le sous-titre de "La clef des songes", qui est "Dialogue avec le bon Dieu", et cette phrase extraite de (3) :

"C'est Alexander Grothendieck qui parle pour la première fois de motifs dans une lettre à Jean-Pierre Serre datée de 1964, suivant une analogie musicale, espérant révéler « le “motif commun” (la “raison commune”) derrière cette multitude… ».

Le Verbe en musique ? In principium erat verbum aut in principium erat carum ?


(1) Thom : "En dépit de mon admiration pour Aristote, je reste platonicien en ce que je crois à l'existence séparée ("autonome") des entités mathématiques, étant entendu qu'il s'agit là d'une région ontologique différente de la "réalité usuelle" (matérielle) du monde perçu. (C'est le rôle du continu -de l'étendue- que d'assurer la transition entre les deux régions.)" (ES, p.245)
(2) L'analogie différenciation cellulaire à partir d'un œuf totipotent/différentiation d'une fonction non spécifiée (indifférentiée) est fondamentale pour Thom (SSM, 2ème ed., p.32)
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Motif_(g%C3%A9om%C3%A9trie_alg%C3%A9brique)#La_naissance_de_la_th%C3%A9orie_des_motifs
 

Mythologie : de la technique à la technologie

Article lié : Alors que meurt la République...

jc

  19/12/2020


Tom Luongo : "Une mythologie, cependant, est quelque chose qui vaut la peine d'être reconstruit pour ne pas permettre aux barbares d’Obama de réaliser leur besogne de destruction. Je crois que Gabbard comprend cela."

Dans sa "Classification des sciences et des techniques", classification RSI "à la Lacan", (AL) Thom distingue techniques et technologies :

"Langage, mythologie, institutions sociales sont des techniques de l'imaginaire. C'est seulement avec la mathématique qu'on voit apparaître la première technologie de l'imaginaire." (p.538).

Il classe la physique et la chimie comme des disciplines symboliques, en sandwich entre l'imaginaire (la mécanique -newtonienne, einsteinienne, quantique) et le réel (la biophysique et la biochimie), la biologie étant, elle, une discipline réelle. Et il note (le dernier mais pas le moindre pour moi) que les mathématiques ont un accès direct au réel, par le rêve.

Wikipédia (Théologie) : "Aristote distingue trois parties dans la philosophie « théorétique » : la mathématique (connaissance des substances abstraites de la matière), la physique (connaissance des substances immergées dans la matière) et la théologie (connaissance des substances séparées de la matière).".

Thom n'a pas le même regard qu'Aristote sur les mathématiques, comme en témoigne sa théorie des catastrophes, théorie de l'analogie "hors substrat" (ou ayant pour substrat la notion mystique de continu, ce qui revient à peu près au même).

Claude Lévi-Strauss a étudié "sur le terrain" différentes mythologies. Je pense qu'avec sa formule canonique du mythe (1), il est passé du concret à l'abstrait (2), de la technique à la technologie, Sa formule "analogique" -c'est une proportion de proportions- a évidemment inspiré les thomiens (3). Elle fait apparaître une inversion, constatée par CLS sur le terrain, qui lui semble indispensable à la stabilité structurelle de toute construction sociale. J'ai essayé d'en tenir compte dans mon essai de monarchie populaire (4) :

"Suit alors immédiatement la cérémonie d'allégeance. Le président de la VIème république met un genou au sol devant le couple royal [deux enfants] qui pose la question: Michel, est-ce que nous pouvons avoir confiance en toi ? Si ta réponse est oui alors dis-le, relève-toi, étends tes mains au dessus de nos têtes et dis: Je le jure".


(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Formule_canonique_du_mythe
(2) Laurent Schwartz (matheux médaillé Fields français) : "L'abstrait n'est que du concret auquel on s'est habitué" , à rapprocher du "Abstraire n'est pas mentir. Quand il abstrait le mathématicien ne ment pas" d'Aristote (ou de Thomas d'Aquin ?).
(3) En particulier le matheux-philosophe Jean Petitot et l'anthropologue Lucien Scubla.
(4) Cf. mon commentaire de https://www.dedefensa.org/article/onfray-lost-in-covid
 

In principium erat harmonium ?

Article lié : La parabole des 15 milliards

jc

  18/12/2020

[Latinus cuisinum ?]

Dans la cosmogonie thomienne le temps précède ontologiquement l'espace, ce qui signifie que l'arithmétique précède ontologiquement la géométrie; une lecture attentive de (1, pp.317 et 318) montre que l'harmonie est essentielle à la construction d'une représentation mathématique du temps. Ce qui fait qu'on peut affirmer qu'au principe était l'harmonie, harmonie des sons d'abord -arithmétique d'abord- , harmonie des figures ensuite -géométrie ensuite (2), harmonie des sons et des figures enfin (3).

Pour Platon Dieu est géomètre, et pour Thom le géomètre est Dieu (4). Mais du fait qu'il donne la préséance ontologique du temps par rapport à l'espace, il suit que Thom admet implicitement que l'arithmétique précède ontologiquement la géométrie, et donc que Dieu est d'abord arithméticien, ce qui donnerait raison à Pythagore (5) et… à Grothendieck. Avec la femme sédentaire (Kane et non Caïn) et donc temporelle, et l'homme nomade (Abel) et donc spatial, on arrive à la conclusion que la femme précède ontologiquement l'homme : près réflexion il semble effectivement plus naturel qu'Adam naisse d'entre les basses-côtes d'Ève -comme d'hab- plutôt qu'Ève naisse de la côte d'Adam! (Je trouve que Guénon écrit de belles et profondes choses à ce sujet dans son "Caïn et Abel" (chap.XXI de "Le règne…".)


(1) "La mathématique essentielle", AL, pp.314 à 325.
(2) Le fait que l'unité de longueur moderne soit définie à partir d'une fréquence (qui est l'inverse d'un temps) va dans ce sens.
(3) Les matheux connaissent  ce problème sous le nom de "Problème de Kac : peut-on entendre la forme d'un tambour ?".
(4) Thom, "Infini opératoire et réalité physique".
(5) "Tout est nombre."
 

PéPé et MéMé.1

Article lié : La parabole des 15 milliards

jc

  18/12/2020

Je vois PP&MM comme un mouvement aristo-populiste dont l'objectif est d'instaurer une monarchie populaire (1) gouvernée par les meilleurs d'entre eux (aristocratie) qui remettrait l'église au centre du village : village Astérix pour le village, abbaye de Thélème pour l'église. Goscinny et Rabelais. Pierre de Villiers (?) et une Madame sans gêne (mais pas sans gènes) (2) à trouver. En même temps "Vox populi, vox Dei" et "Vox Dei, vox populi" (3).


(1) Esquissée en commentaire de https://www.dedefensa.org/article/onfray-lost-in-covid
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_Sans-G%C3%AAne
(3) Héraclite : "L’harmonie suprême est coïncidence des contraires."

PéPé et MéMé

Article lié : La parabole des 15 milliards

jc

  18/12/2020

Parti Patriotique (PP) et Mouvement Matriotique (MM).

Chateaubriand: "La France est ma patrie et la Bretagne ma matrie." (1)

PP : parti patriotique masculin et jacobin. Archétypes : Père, Ulysse, Mont palatin, Ciel, Espace.
MM: parti matriotique féminin et girondin. Archétypes : Mère, Pénélope, petit Liré, Terre, Temps.

Partis distincts mais destinés à s'entendre ou parti unique PP&MM ?

Condition d'adhésion : faire passer l'intérêt collectif avant son intérêt individuel, servir avant de se servir (2); condition que, selon moi, remplit "génétiquement" la mère avec sa progéniture, "fond de commerce" du MM; et condition que remplissent les militaires qui ont choisi le métier des armes jusqu'au sacrifice suprême (j'y verrais bien également des gens comme Zemmour).  

(1) “Les pieds me brûlaient à Paris, je ne pouvais m'habituer au ciel gris et triste de la France, ma patrie; qu'aurais-je donc pensé du ciel de la Bretagne, ma matrie, pour parler grec?” (Mémoires d'outre-tombe, 1848)
(2) À mon avis condition sine qua non pour adhérer à n'importe quel parti politique.

In principium erat carum

Article lié : La parabole des 15 milliards

jc

  18/12/2020


Je prolonge ici -titre oblige- un commentaire des quatre principes du pape François commencé en Éloge des frontières.2.

Je commence par une remarque à la Finkielkraut : qu'est-ce qu'il se passe au Vatican (1)?

Les quatre principes sont :

1. Le temps est supérieur à l'espace.
2. L'unité prévaut sur le conflit.
3. La réalité est supérieure à l'idée.
4. Le Tout est supérieur à la partie.

(J'ai déjà commenté ici ces principes, mais je ne me souviens plus de ce que j'en disais…)

Dans Éloge des frontières.2 j'ai féminisé le temps et masculinisé l'espace. Le deuxième principe affirme la supériorité du Un sur le Deux, de l'union sur la séparation, de l'amour sur la haine. Je me suis exprimé à ce sujet dans le même sens (2). Le troisième principe figure sous cette forme dans l'encyclique Laudato si. Je l'interprète comme la supériorité d'Aristote sur Platon, de l'intuition basse sur l'intuition haute, du Matérialisme (3) sur l'Idéalisme, et, je crois, du point de vue féminin sur le point de vue masculin. Le quatrième principe est déjà accepté par le communiste Badiou (4). Ce quatrième principe s'oppose frontalement à l'individualisme de Margaret Thatcher (5).

Pour moi ces principes sont "Thom-compatibles".


(1) La question prend son sens lorsqu'on regarde le crèche 2020 sur la place Saint Pierre. https://nicolasbonnal.wordpress.com/
(2) En commentaire de https://www.dedefensa.org/article/trump-est-il-un-logocrate
(3) M majuscule, pour signifier que la matière de la φύσις aristotélicienne est vivante, par opposition à celle de la physique moderne.
(4) Transcendance du Tout -l'ensemble de tous les ensembles n'est pas un ensemble-.
(5) "There is no such thing as society. There are individual men and women and there are families.".


 

Éloge des frontières.4

jc

  17/12/2020

[ Je suis allé un peu vite. Si Zemmour doit attendre la fin du prochain manvantara, c'est que les hommes passent leur tour ! En fait un manvantara se décomposant en quatre parties de durées dans le rapport 4/3/2/1, je vois les hommes sont groggy pendant l'âge d'or -règne sans partage des femmes-, se réveillent mais sont dominés à l'âge d'argent, reprennent le dessus à l'âge de bronze, et règnent sans partage à l'âge de fer (on vient d'en prendre !) ]

Ce qui précède (les .0, .1, .2 et .3) confortent mon intuition vieille de quelques années sur ce site : un Dieu/Déesse Janus, les femmes -conservatrices- au Sénat, les hommes -progressistes- à l' AN, les projets de société proposés par le Sénat à l'AN pour examen de la faisabilité du projet; accord global couché sur le papier à Versailles. L'analogie femmes/bosons et hommes/fermions me plaît : les femmes essentielles pour la cohésion de la société (les gluons sont des bosons), ça me va tout-à-fait.

 

Éloge des frontières.3

Article lié : De la trahison à la sécession

jc

  17/12/2020

L'allusion faite au .2 de Caïn et d'Abel, du temps et de l'espace, me renvoie aux chapitres XXI et XXIII de "Le règne de la quantité...". Si ce que je dis en .2 est correct (si Caïn est en fait Kane, une femme) alors Guénon dit en XXI que la société se féminise , ce qui n'a pas présentement l'air d'être complètement faux.

En relisant ce chapitre XXI je suis tombé sur une note de bas de page qui, selon moi, résume bien l'antagonisme des globalistes "Ulysse et Mont Palatin" et des localistes "Pénélope et Petit Liré" :

"C’est pourquoi le nomadisme, sous son aspect « maléfique » et dévié, exerce facilement une action « dissolvante » sur tout ce avec quoi il entre en contact ; de son côté, le sédentarisme, sous le même aspect, ne peut mener en définitive qu’aux formes les plus grossières d’un matérialisme sans issue."

Je pense que PhG ne verrait pas d'objection à traduire " action « dissolvante » " par entropisation, si bien que nomadisme et sédentarisme, sous l'aspect précisé par Guénon, ne sont que deux formes d'un matérialisme (m minuscule) sans issue, le plouc seulement un peu plus solide et le nomade un peu plus fluide.

La féminisation de Caïn en Kane féminise alors aussi le temps. Ça m'ouvre des perspectives lors de ma relecture du chapitre XXIII, "le temps dévorateur finissant par se dévorer lui-même" devenant "la femme dévoratrice finissant par se dévorer elle-même", assertions de nature translogique, la dernière me faisant penser à la femme samoyède (1).

Guénon : "Ainsi un « retournement » s’opère en dernier lieu contre le temps et au profit de l’espace : au moment même où le temps semblait achever de dévorer l’espace, c’est au contraire l’espace qui absorbe le temps ; et c’est là, pourrait-on dire en se référant au sens cosmologique du symbolisme biblique, la revanche finale d’Abel sur Caïn.".

Allez, Zemmour, ce n'est pas perdu; il va seulement falloir patienter un peu, le temps d'un manvantara (et je trouve imprudent le "finale" de Guénon).


(1) "Le terme de samoyède vient du russe самоед (samoyed), traduit par l'étymologie populaire comme signifiant « qui se mange soi-même » " https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_samoy%C3%A8des
 

 

In principium erat verbum.1

Article lié : La parabole des 15 milliards

jc

  17/12/2020

À ma connaissance Thom n'utilise que deux fois l'expression "Et le verbe s'est fait chair". C'est dans SSM, une fois au tout début du dernier chapitre "Pensée et langage" de la deuxième édition (entièrement remaniée par rapport à la première), et une autre fois en épigraphe du chapitre "Modèles locaux en embryologie" où l'on "voit" effectivement le verbe se faire chair, en particulier dans la section "Chréodes génitales" (2ème ed., pp.190 à 193). C'est tellement frappant sur les figures que Thom se sent obligé de préciser (1): "... on a la configuration typique en champignon ... (il est inutile de rappeler à ce propos, qu'un champignon bien connu s'appelle Phallus impudicus)".

En linguistique ce "Et le verbe s'est fait chair" devient "Et le verbe s'est substantivé". Et Thom de remarquer qu'il est effectivement très courant de substantiver un verbe, mais qu'il est très rare de verbaliser un substantif : "Boycott, Lynch en anglais, Limoges en français ne font pas le poids." (ES, p.196). (Personnellement je remarque qu'il est très facile de verbaliser un substantif qui a été substantivé : c'est le retour à la case départ. Ainsi entre fin et finir, entre but et débuter, j'ai l'impression qu'on est dans le cas de l'œuf et de la poule : on ne sait pas qui a commencé. 21) ).

(1) Les figures dont parle Thom proviennent de la théorie des singularités structurellement stables. Ce ne sont pas les classiques équations "bitte-couilles" qui circulent chez les potaches.
(2) Thom consacre quelques lignes à ce problème (SSM, 2ème ed. p.226) : "la poule et l'œuf ne sont que des sections temporelles d'une configuration globale dont le centre organisateur n'apparaît jamais, autour duquel l'onde de croissance tourne indéfiniment.

Éloge des frontières.2

Article lié : De la trahison à la sécession

jc

  17/12/2020

Acte fondateur : séparation ou réunion ?  Si le Créateur est un séparateur, il semble assez naturel que ses créatures le soient également…, et que sa Création achevée soit pure séparation, pure division, pure entropisation.

Dans le monde des humains il me semble qu'on se réunit d'abord autour d'un projet, et que la réalisation du projet se mesure à l'énergie potentielle du groupe rassemblé autour de ce projet, énergie destinée à s'actualiser et à prendre forme au cours de sa réalisation : puissance -> acte et matière -> forme. De ce point de vue les limites (frontières fermées) sont faites pour éviter que l'énergie initiale se dissolve à l'infini : limites adaptées à la taille du projet. Les frontières sont faites pour permettre de se sédentariser, seule(?) façon de réaliser un projet, que celui-ci soit réel ou virtuel : la réalisation d'un projet se fait toujours "intra muros", même si parfois, les murs sont grands.

Je trouve intéressant de rapprocher cette façon de mûrir un projet puis de le réaliser avec la façon dont Thom construit la mathématique à ses yeux essentielle : "Nous allons nous efforcer ici de construire la mathématique essentielle à la manière d'une cosmogonie. Au commencement était le temps." (AL, p.316)

Et donc ensuite sera l'espace (1). Thom fait "fort spéculativement" une analogie entre le temps et les bosons d'une part et l'espace et les fermions d'autre part. (AL, p.325). Un Dieu-Déesse Janus, Dieu diviseur, Déesse rassembleuse ? Ça me plaît bien.

Thom : "(...) à beaucoup d'égards, l'ontologie, c'est l'obstacle.". Mais pas à tous ?

Le pape François a édicté quatre principes (2). Le premier d'entre eux est : "Le temps est supérieur à l'espace".


(1) Car il faut de l'espace pour réaliser un projet. Il m'apparaît nettement (hic et nunc, demain étant un autre jour) que Caïn est Kane (féminin) et Abel est ... Abel (masculin). Kane aurait-elle tué Abel ? Cf. le best seller Kane and Abel, by Jeffrey Archer.
(2) https://www.cath.ch/blogsf/les-quatre-principes-de-francois/